Une destinée, une consolation et une promesse.
Frères et sœurs, qu'elles sont belles ces fêtes de l'Ascension que nous célébrons ce matin ensemble.
Une destinée, une consolation et une promesse. Je m'en explique avec vous, à la lumière de la Parole de Dieu.
Pâques, ascension, Pentecôte, un même amour, une même foi, un même mystère. Pâques, Christ est ressuscité. Celui qui a foulé les terres de Palestine, celui qui a aimé, celui qui a guéri, celui qui a consolé, celui qui a consenti à donner sa vie sur la croix le Vendredi Saint, celui qui est mort et ressuscité, celui qui donne sens à la vie, entre au ciel. Il est parti nous préparer une place.
Jésus nous donne un sens, une direction, une orientation.
Frères et sœurs, le ciel n'est pas vide, parce que nous croyons au Christ ressuscité, le ciel n'est pas vide ; celles et ceux qui nous ont quittés parfois trop jeunes parfois trop brutalement, parfois de manière scandaleuse à vue humaine, leur âme est entrée près du Christ à la table des noces de l'éternité.
Un jour, nous les reverrons, alors ce sera la joie parfaite.
Une destinée. Nous sommes citoyens des cieux. Quand on perd quelqu'un que l'on aime, jeune ou moins jeune, quand on perd un parent, un frère, une sœur, un enfant, l'absence est compliquée et difficile. Tellement de choses nous rappellent l'être aimé. Et Jésus, dans sa pédagogie divine, que fait-il ? Il s'approche, il adoucit.
Si le Christ disparaît de nos regards, il y a une « absence-présence », ce que j'appelle, la consolation.
Le Christ nous dit qu'il y a de nombreuses demeures au Ciel. Le Christ nous dit qu'il part nous préparer une place, et que fait-il ? Il nous envoie son esprit, un esprit de paix, un esprit de vérité, un esprit de lumière, un esprit d'intelligence qui fait de nous les enfants d’un même Père, frères et sœurs du Christ dans l'Esprit, un esprit qui nous rassemble, un esprit qui nous console.
Il y a des « clins d'yeux » avec le ciel. Il y a des providences qui nous font dire que le Christ nous donne son Esprit, que la mort est morte, mais le Christ nous laisse en héritage un esprit, son Esprit, qui nous donne de l'énergie, de la vigueur pour rester debout, pour l'annoncer. « Restaure en toi le feu, la joie et l'espérance ! »
À l'Ascension, frères et sœurs, une destinée et une consolation.
N'ayons pas peur de la vie. N'ayons pas peur de vivre au monde. Munissons-nous de l'Esprit de consolation et restons dignes et debout, non pas de manière mondaine, mais pour annoncer le Christ et l'espérance qui ne déçoit jamais.
Qu'elles sont belles ces fêtes ! Mais ce ne serait pas tout à fait complet si je ne parlais pas de la promesse que le Christ nous fait.
En plus de nous envoyer l'Esprit-Saint, en plus de raviver en nous l'ardeur de notre baptême, en plus de nous sublimer d'être le corps de son Église sur terre, en communion avec le collectif au Ciel, - on ne fait pas solidaire, mais solidaire et communion.
Quelle est cette promesse ?
Est-ce que vous croyez en la résurrection de la chair ? On n'a pas trop de mal avec l'immortalité de l'âme. On n'a pas trop de difficultés, d'espérer pour la vie après la mort.
Mais est-ce que nous croyons qu'au terme de l'histoire, si le Christ vient de Dieu, et qu’il repart vers le Père, que Dieu nous donnera quand le Christ reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, la résurrection de la chair ?
Quel corps nous donnera-t-il ? Celui de nos 20 ans ? C’est peu probable, mais ce sera certainement dans un corps de gloire !
Est-ce que nous croyons que tous, d’une manière communautaire, collective, ensemble, quand il viendra, il rendra nos pauvres corps pareils au sien, pareils à son corps glorieux.
Frères et sœurs, qu'elles sont douces et belles ces fêtes de l'Ascension ! Mais attention, gloire à Dieu, pied sur terre ! Pas dans les nuages, pas évaporées, mais enracinées dans une foi, une charité, une espérance, qui nous fait dire qu'un jour, nous verrons le Christ face à face. Et qu'un jour, puisque baptisés dans sa mort et sa résurrection, tous et chacun nous ressusciterons. Alors ce sera la joie pour tous.
Notre destinée, frères et sœurs, n’est pas une impasse, pas un sens interdit. C’est une promesse et nous la célébrons déjà au cours de l'Eucharistie. « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne à lui n'aura pas de fin ».
En cette belle fête de l'Ascension, prenons un peu de hauteur dans ce monde qui va trop vite, qui réagit trop vite, qui surfe trop vite. Prenons le temps de goûter, de savourer, de contempler en Christ notre destinée, notre consolation car il a les paroles de la vie éternelle, et il tient toujours ses promesses. Amen
Père Patrice Marivin