Fête de Saint Vincent Ferrier
5 avril 1419, 10 h du matin, Place Valencia : Vincent Ferrier s’éteint ! Au terme d’une vie bien remplie, de pèlerinage sur les chemins d’Europe et de Bretagne, des prédications itinérantes sur les fins dernières, l’Espérance du Ciel, la conversion et l’unité des chrétiens, l’apôtre et l’ami entre dans la Paix de Dieu !
Dans l’Evangile de Jean entendu à l’instant, il y est question de Demeure et de Chemin. Mais pour bien saisir le poids de chaque mot prononcé par Jésus, il faut d’abord les remettre dans leur contexte.
Jésus est à table avec ses disciples pour le repas pascal qu’Il a désiré prendre avec eux. Il sait que l’épreuve de son arrestation, puis de sa mort, est proche et qu’elle va susciter une immense panique dans leurs rangs. Alors Il veut les rassurer, les appeler à rester calmes et tenaces dans leur foi. « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » (Jn 14,1)
Aujourd’hui encore, parfois, devant des situations personnelles ou familiales, notre cœur est bouleversé. Qui parmi nous peut dire qu’il n’a pas connu des instants de haute tension intérieure ?
- Celui de l’épreuve de la dernière étape avant un choix décisif ? (Vocation, mariage, engagements divers) ;
- Celui où on se sent dévasté par l’annonce d’une maladie, ou d’un accident ;
- Celui qui nous met devant l’incompréhension d’un deuil inattendu ;
Mais Jésus nous invite à être des hommes et des femmes de foi, jusqu’au bout. Il dit à ses amis et à chacun de nous que son départ, c’est-à-dire sa mort, n’est pas un abandon.
Il viendra nous prendre auprès de Lui et Il nous emmènera là où Il va maintenant. Et Il nous y conduira Lui-même, car Il est « le chemin ».
NB : Pas l’autoroute avec péages, pas la voie royale avec tapis rouge et flonflons, mais un sentier étroit, avec des passages difficiles où il faut savoir s’arrêter pour souffler et pour faire le point.
J’aime beaucoup cette image du Père Cantalamessa, franciscain, prédicateur du Pape, qui compare le Seigneur à un GPS : « Quand vous vous êtes trompés de route, Il recalcule l’itinéraire pour vous emmener à la bonne destination ».
Jésus est le chemin qui nous mène vers la demeure éternelle du Père.
Deux mots : Chemin et Demeure
CHEMIN : – « Nous, pour Dieu par le Christ » disait Vincent Ferrier. (Devise des Dominicains)
DEMEURE : « Dieu en moi et moi en Dieu » aimait dire Ste Elisabeth de la Trinité.
Ainsi, ces deux mots « chemin et demeure », sont complémentaires. L’un dit le moyen, l’autre dit le but.
C’est par Jésus que l’on va vers le Père. Dimanche dernier, déjà, l’évangile nous enseignait que Jésus est le berger qui nous conduit par le juste chemin.
En ce jour où nous fêtons Saint Vincent Ferrier, comment ne pas nous rappeler son ardeur évangélisatrice à montrer le chemin avec son index pointé vers le ciel ?
C’est parce qu’il se nourrissait de la Parole de Dieu, que Saint Vincent Ferrier a pu être un ardent apôtre de l’évangélisation. « Dans chacune de ses prédications, écrit l’un de ses biographes [1], on trouve toujours une concordance avec les Écritures ».
C’est pourquoi Vincent Ferrier ne peut qu’approuver, le programme que nous avons entendu dans la deuxième lecture (2ème lettre de Saint Pierre) :
« Vous aussi soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple… Vous, vous êtes le peuple qui appartient à Dieu : vous êtes chargés d’annoncer les merveilles de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ».
Tout est dit, d’une part pour nous rappeler notre vocation, et d’autre part, pour envisager notre retour à la cathédrale en tant que « Pierres vivantes 2027 » …
Et nous en reparlerons à la fin de cette messe.
Frères et Sœurs, réjouissons-nous d’avoir pour protecteur et modèle Vincent Ferrier, lui qui, inlassablement, a montré « la route du ciel » aux personnes qu’il rencontrait et qui continue d’intercéder pour nous.
Demandons-lui de susciter en nous une volonté renouvelée de proposer, comme il l’a fait, le merveilleux message d’amour de l’évangile à tous ceux que nous côtoyons.
« Ô Bienheureux St Vincent, Protecteur doux et puissant, nous voulons comme nos pères, malgré toutes nos misères, parvenir un jour aux cieux. »
Amen
P. Patrice Marivin
[1] Abbé A. Bayle - Vie de S. Vincent Ferrier – 1855 – Éditions Ambroise BRAY – Paris