Epiphanie du Seigneur 2026
Rappelez-vous ! C’était il y a un an tout juste, aujourd’hui !
Nous quittions la cathédrale pour laisser place aux travaux de restauration et nous voici déjà à la quasi-mi-temps de notre communauté « hors les murs » !
La grâce d’un LIEU : le « bâtiment cathédrale » et la grâce d’une COMMUNAUTE : paroisse vivante que nous formons, en marche, en pèlerinage, à l’image des Rois Mages en cette fête de l’Epiphanie !
Gaspard ! Melchior et Balthazar !
Des explorateurs de sens ! Etrangers à la foi juive ! Ils cherchaient le Très-Haut ; ils trouvent le Très-bas ; au point le plus bas du globe ! Ces étrangers se prosternent devant un bébé, dans une mangeoire d’animaux : c’est le Fils de Dieu ! Quoi de plus étrange et de plus mystérieux ! C’est le même dont Pilate dira, trente ans plus tard : « Voici l’homme ».
Saint Pierre Chrysologue, Docteur de l’Eglise du 5ème siècle, grand catéchiste de la foi disait ceci : « L’Épiphanie est solennité qui nous révèle que Dieu est venu dans un corps d’homme. Les mages considèrent avec profonde stupeur, ce qu’ils voient en ce lieu. Le ciel sur la terre. La terre dans le ciel. L’homme en Dieu. Dieu en l’homme. Celui que le monde entier ne peut contenir étant dans le corps d’un tout petit ».
Et il ajoute : « Par l’encens, les mages confessent Dieu : par l’or, le Roi ; par la myrrhe, sa mort future. Les païens qui étaient les derniers deviennent premiers. La venue des païens à la croyance est inaugurée par la foi des mages ».
L’or, l’encens et la myrrhe sont les symboles de ce que Dieu nous dit dans l’incarnation !
La myrrhe de 2026, c’est notre courage à refuser qu’on dispose de la vie humaine comme d’un bien personnel. « En effet, aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même », nous dit l’apôtre Paul (Romains 14, 7)
L’or de 2026, c’est la volonté de partager équitablement nos richesses au nom d’un Royaume de justice « déjà-là et pas encore ».
L’encens de 2026, c’est notre capacité à adorer en esprit et vérité notre Seigneur, et nul autre que Lui.
Le philosophe chrétien Maurice Blondel osait dire : « Avant de convertir les mécréants, il faut convertir les convertisseurs. »
Frères et sœurs, avant de restaurer le bâtiment « cathédrale », il nous faut consentir à nous laisser réparer, convertir et réconcilier avec notre Seigneur !
La fête de l’Epiphanie nous inspire et nous motive dans notre pèlerinage « hors les murs ». Etre les aventuriers et les explorateurs de la vie chrétienne, à l’image des Mages.
Le christianisme n’a jamais été une religion de la sécurité, mais du risque : le risque du lien, du pardon et de l’amour. « L’amour chrétien brise toutes les barrières, rapproche ceux qui sont éloignés, unit les étrangers, rend familiers les ennemis » disait Léon XIV dans sa première encyclique « Dilexi te ».
Le christianisme n’est pas avant tout un héritage de pierre, mais une parole vivante. Il n’est pas une forteresse, c’est un chemin. Il ne bâtit pas des murs, il ouvre des routes. Il ne hiérarchise pas les hommes, il les relève. La Miséricorde avant la puissance, le pardon avant la vengeance, l’accueil avant le rejet.
La foi chrétienne ne protège pas du monde : elle y engage !
« Avant de convertir les mécréants, il faut convertir les convertisseurs » !
Accueillons cette provocation pour le bien de notre retournement intérieur !
Dieu est libre par ses mages, de donner Jésus à connaître.
Dieu est libre en 2026 de se révéler à qui bon lui semble.
Quant à nous, qui sommes ici présents, nous sommes persuadés d’être d’honnêtes chrétiens, parce que nous pensons connaître le Christ. Mais nous avons encore un incroyable chemin de conversion à faire.
La route à accomplir est en nous-mêmes. C’est au-dedans que Dieu veut habiter, afin que s’opèrent toutes les transformations structurelles dont le monde a tant besoin. Pour cela, laissons Dieu « nous faire découvrir qui Il est, et non pas ce que nous croyons qu'Il est." (Cf. « Comme un long samedi-saint », Père François Boëdec)
Dieu est en attente de mages authentiques et crédibles, joyeux et pleins d’Espérance !
L’amour vrai attend ses témoins !
Communauté cathédrale Saint Pierre Hors les Murs : puisses-tu poursuivre ton pèlerinage intérieur et mieux comprendre que l’amour est plus fort que la peur, que la justice est plus profonde que la loi, et que la fraternité est la seule frontière digne de ce nom ! AMEN.
P. Patrice Marivin