Fuite en Egypte de la sainte Famille - Isaac Fanous

Homélie du 28 décembre 2025

Homélie des 27 et 28 décembre 2025

Nous voici déjà quelques jours après les célébrations de la naissance de Jésus.

Et aujourd’hui, l’Église nous invite à contempler la vie de la Sainte Famille, ce mystère de soumission mutuelle dans l’amour du Christ.

Par les lectures qui nous sont proposées, et bien loin de toute idéalisation, nous allons essayer de comprendre pourquoi cette Sainte Famille nous est donnée comme exemple et comment elle nous rejoint dans nos préoccupations actuelles.

Quel beau texte que celui de Ben Sira le Sage que nous avons entendu dans la première lecture !

Replaçons-nous dans le contexte de l’époque dans laquelle ce texte a été écrit : nous sommes au début du deuxième siècle avant la naissance de Jésus-Christ. Et Ben Sira, qui tient une école de philosophie, constate que de nouvelles habitudes de penser et de vivre commencent à se répandre dans la société – que dit-on de plus aujourd’hui ! – et il éprouve le besoin de défendre les fondements de la religion juive, et notamment la famille.

Ce texte est avant tout un plaidoyer pour la famille.

Car, dans l’esprit de Ben Sira, si la structure de la famille s’affaiblit, la transmission des valeurs s’affaiblit de la même façon. Ce que disait Ben Sira il y 2200 ans peut être repris dans son intégralité aujourd’hui.

La transmission des valeurs familiales, la transmission de la foi dans la famille, sont essentielles.

Le pape François aimait le rappeler, et il l’a fait à de nombreuses occasions : nous devons être des « transmetteurs », disait-il, c’est un devoir pour chacun de nous, et plus particulièrement au sein des familles.

Ce qui est dit par Ben Sira est également un magnifique commentaire du 4ème commandement : « Honore ton père et ta mère ».

Ben Sira reprend ce commandement en nous disant en filigrane qu’honorer ses parents, c’est aussi être filial à l’égard de Dieu.

Pendant cette période de fêtes, durant lesquelles les familles se retrouvent, se réunissent, durant lesquelles les liens familiaux quelquefois distendus peuvent se resserrer, n’hésitons pas à relire et à méditer ce beau texte de Ben Sira le Sage.

Et portons dans notre prière celles et ceux qui ne connaissent pas, ou ne connaissent plus, la joie d’une vie familiale, ou pour qui cette vie familiale est source de souffrances.

Une fois n’est pas coutume, nous allons également un peu nous attarder sur le psaume que nous avons chanté tout à l’heure : « Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ».

Un petit mot tout d’abord sur la « crainte » de Dieu.

Vous le savez bien, la crainte de Dieu ne signifie pas la peur de Dieu. Et d’ailleurs, comment pourrions-nous avoir peur de Celui qui n’est qu’Amour et qui a donné Son Fils comme Sauveur.

Bien au contraire, la crainte de Dieu, c’est l’attitude du petit enfant qui voit en ses parents à la fois la force et la tendresse.

C’est un émerveillement infini devant l’amour donné par Dieu.

La crainte de Dieu est synonyme d’attitude filiale, cette attitude filiale que nous avons évoquée il y a un instant avec Ben Sira le Sage.

Le deuxième mot sur lequel je voudrais insister dans le psaume est le mot « heureux » : on le retrouve deux fois et, de façon générale, il est repris à de très nombreuses reprises dans la Bible, par exemple dans l’évangile des Béatitudes.

Être « heureux » ne signifie pas baigner 24h sur 24 dans un optimisme béat et être débarrassé des soucis du quotidien.

 Être heureux, c’est être proche de Dieu.

« Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies » nous dit le psaume.

Nous pourrions dire « Soyons proches de Dieu et émerveillons-nous devant son amour infini », et nous ne pourrions alors faire autrement que de marcher selon ses voies.

Comment ensuite ne pas être touchés par les paroles de Saint Paul dans la deuxième lecture, qui sont un véritable programme de vie : « Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience (…) pardonnez-vous mutuellement (…) par-dessus tout cela, ayez l’amour (…) et que dans vos cœurs règne la paix du Christ (…) vivez dans l’action de grâce ».

Tout cela n’est-il pas la traduction concrète du refrain du psaume « Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies » ?

C’est le chemin du bonheur, du vrai bonheur, celui que Dieu veut pour chacun de nous.

Oui, mais vous allez peut-être penser que je ne vais pas parler d’une phrase qui figure dans cette lecture, et qui certainement vous interpelle et peut-être même vous dérange : « Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ».

Et il est vrai qu’en 2025, avec les évolutions sociétales qui s’accélèrent au fil des années, cette phrase peut sembler inaudible : que n’avons-nous pas entendu sur la misogynie de Saint Paul !

D’autant plus que celui-ci récidive, si l’on peut dire, dans la lettre aux Éphésiens, avec une formulation légèrement différente, et peut-être plus compréhensible, car faisant directement allusion au Christ : « Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres, les femmes à leur mari comme au Christ Jésus (…) vous les hommes aimez votre femme à l’exemple du Christ : Il a aimé l’Église, Il s’est livré Lui-même pour elle ».

Alors, qu’en penser ?

C’est certainement le Pape Jean-Paul II, Saint-Jean-Paul II, qui a le plus développé sa réflexion sur la famille en général et sur l’amour conjugal en particulier, notamment dans la lettre apostolique « Mulieris dignitatem » qu’il a écrite en 1988.

Pour lui, dans le mariage, la mesure du véritable amour conjugal trouve sa source dans le Christ, qui est l’époux de l’Église, son épouse.

En d’autres termes, non seulement le mari doit aimer sa femme, mais la femme doit également aimer son mari. Non seulement la femme doit être soumise à son mari, mais le mari doit également être soumis à sa femme : il s’agit d’un amour et d’une soumission réciproques.

Se soumettre signifie tenir compte de son conjoint, de son opinion, de sa sensibilité.

Se soumettre signifie écouter, dialoguer, ne pas décider seul.

Se soumettre signifie que les époux sont des « conjoints », c’est-à-dire littéralement sous le même « joug », ce joug dont Jésus a dit qu’il était « facile à porter » grâce à sa présence à leur côté par le sacrement de mariage.

Ce que Saint-Paul donne comme modèle aux époux chrétiens, c’est la relation d’amour entre le Christ et l’Église, et il explique en quoi a consisté cet amour : le Christ a aimé l’Église en se livrant pour elle.

Le véritable amour conjugal se manifeste dans le don de soi à l’autre.

Le mari est amené à donner sa vie pour sa femme, comme le Christ a aimé l’Église et s’est donné pour elle, et en retour la femme se donne à son mari pour une action de grâce que l’Église rend au Christ.

Et que nous dit l’évangile de Matthieu sur la Sainte Famille, sur cette famille un peu hors norme, dont le parcours est si particulier dès le départ.

Comme tous les couples en devenir, Joseph et Marie avaient certainement des projets pour leur futur foyer, mais le moins que l’on puisse dire est que rien ne s’est passé comme ils l’avaient imaginé, tout a été bouleversé : grossesse imprévue et mystérieuse, accouchement loin de chez eux, dans une étable, fuite en Égypte, exil.

Dans son évangile, Matthieu ne nous donne pas une image idyllique de la Sainte Famille, loin sans faut. Au contraire, Matthieu nous montre l’image d’une famille qui a dû surmonter des événements inattendus et difficiles.

N’est-ce pas le cas de beaucoup de familles aujourd’hui ?

Alors, en quoi la Sainte Famille est-elle pour nous tous un modèle ?

Regardons bien ce que nous dit Matthieu sur Joseph : qu’est ce qui nous frappe dans ce qui nous est dit de lui ?

C’est son obéissance.

Joseph n’est pas un bavard, mais il sait écouter, il obéit et il agit. C’est par un dialogue intérieur avec Dieu qu’il reçoit et comprend Sa volonté.

C’est dans le silence, c’est dans la prière qu’il prend conscience de ce que Dieu lui demande pour son Fils.

Joseph a été à l’écoute de la voix de Dieu, c’est en cela qu’il est modèle pour chacun de nous.

Et il en est de même pour Marie dont la vie entière n’est que fidélité à la volonté de Dieu et confiance absolue en son Fils.

Marie est le modèle parfait de la foi.

Comme l’a souvent répété le pape François, « la Sainte Famille doit être un modèle pour les familles d’aujourd’hui, dans l’adhésion à l’Évangile, fondement de la sainteté en famille ».

La Sainte Famille nous offre l’espérance d’écouter, dans la prière silencieuse, comme Joseph et Marie, cette petite voix intérieure, la voix de Dieu, pour comprendre l’avenir qu’Il ouvre pour chacun de nous, pour chacune de nos familles, malgré les difficultés et les souffrances qu’elles peuvent rencontrer.

Prions pour toutes les familles, et plus spécialement pour toutes les familles chrétiennes qui sont persécutées dans le monde.

Seigneur, à l’exemple de la Sainte Famille, fais de nos familles des lieux d’amour accueillants, des lieux de dialogue, de pardon, de solidarité et de joie partagée, source de paix pour ceux qu’elles rencontrent.

AMEN

Philippe Vandervoorde, diacre

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