Homélie du 21 avril 2024

Homélie du 21 avril 2024

4e Dimanche de Pâques (Année B)

Ce dimanche, entre Pâques et Pentecôte, est consacré au Bon Pasteur. C’est l’occasion de rendre grâce pour la vocation universelle de tous les baptisés à la sainteté. Une vocation qui prend donc sa source dans le mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ à Pâques.

C’est aussi l’occasion de prier pour la vocation particulière des pasteurs de notre Eglise : le Pape, les évêques et les prêtres, successeurs des apôtres, appelés comme le Christ à donner leur vie pour le bien de tous. Et cela est particulièrement nécessaire en ce temps où, comme hier, la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux, mais également parce que le scandale provoqué par quelques-uns rejaillit sur la très grande part des prêtres innocents.

Entre Pâques et Pentecôte, ces sept semaines nous font entrer plus profondément dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus. Et il nous faut sans doute même toute une vie pour cela.

Ces 50 jours après Pâques, c'est aussi le temps qui nous prépare à la Pentecôte, où l'Esprit Saint nous enseigne tous choses et nous fait revivre. Ce que nous rappellent les éditos de notre feuille paroissiale sur les 7 dons de l’Esprit Saint.

Et croire en la résurrection de Jésus, c’est d'abord croire le témoignage des apôtres. Or, le récit des Évangiles, pendant la Pâque,  n'était pas à leur avantage: tous, ils ont abandonné Jésus au pied de la croix. Et même Pierre, le premier d'entre eux, notre Saint Patron, le trahira. Et pourtant, ils ont donné leur vie, eux-aussi : Pierre, Jacques et Jean, et bien d'autres disciples jusqu’à aujourd’hui encore, pour témoigner de leur foi en la résurrection.

Nous pouvons nous approcher encore un peu plus de ce mystère avec le témoignage d'une femme, Marie-Madeleine, l'apôtre des apôtres.

Marie-Madeleine, seule au petit matin, et qui cherche son bien-aimé, comme dans le cantique des cantiques. Et là, devant le tombeau vide, elle est en plein désarroi, dans un chagrin immense, l’abattement,  l’incompréhension. Et pourtant, malgré tout, l'espérance et foi subsistent au fond de son cœur. Et lorsque Jésus va l'appeler par son nom, elle va se retourner et le reconnaître. 

Et nous, frères et sœurs, qu’elle est la dernière fois que nous avons été « retournés » par  Dieu ? Était-ce en admirant sa création, un matin en montagne,  ou en contemplant l’infini des étoiles ? Était-ce lors d'une messe, par une parole de Dieu reçue en plein cœur, lors du baptême de Jade à la veillée pascale ? Ou en accompagnant un proche jusqu'à ces derniers jours ? Était-ce dans un moment de bonheur ou dans un temps d'épreuve ?

C’est pourtant le plus souvent dans nos souffrances, nos fragilités, nos obscurités que Jésus vient nous visiter. Tout ce que nous nous efforçons de dissimuler aux autres, et surtout d'abord à nous-même. C’est pourtant là que Jésus veut nous  rejoindre, dans ces tombeaux vides ou nous ne pouvons pas vivre.

C'est pour cela que Jésus est descendu aux enfers, le samedi saint. Non pas en enfer, mais aux enfers, pour relever tout ceux qui depuis Adam étaient endormis dans la mort.

Pour toucher  de sa miséricorde tout ce qui est mort en nous : le péché, la misère, l’incapacité d'aimer et d’être aimé. C'est là, à la porte de nos tombeaux, qu’il nous appelle par notre nom : « Je me tiens à la porte et je frappe. Je suis le chemin, la vérité la vie. » A Pâques, avec le Christ, nous passons de la mort à la vie. Avec lui nous sommes déjà ressuscités (Saint-Paul aux Ephésiens).

Alors, frères et sœurs, depuis quand nous sommes-nous laissés retourner par Dieu ? Et pas seulement pendant un instant, le temps d’une émotion qui passe, mais retournés comme les disciples d’Emmaüs, ou comme Saint Charles de Foucauld, pour prendre un autre chemin, non plus seul, mais avec le Christ désormais.

Je voudrais vous partager un exemple concret. Il y a 10 jours, je faisais une retraite. Et voilà qu’à la fin de cette retraite un homme donne ce témoignage : cela fait plus de 20 ans que je dors avec des écouteurs et un fil autour du cou, pour écouter des podcasts la nuit, pendant mes insomnies. La nuit, je suis poursuivi par les soucis de mon travail, par toutes sortes d’angoisses, et j’ai besoin d’entendre une voix qui me distrait pour ne plus y penser et pouvoir me rendormir. Et voici que pendant cette retraite, le Seigneur m’a donné de me tourner vers lui, d’abandonner mes écouteurs, et de méditer une parole de Dieu qui me revient, souvent le Psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien… si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure »… Depuis, je n’ai jamais dormi aussi bien, et je me suis même surpris à aimer la nuit parce que désormais, la lumière du Seigneur y brille doucement, comme un cierge pascal, comme la lampe du veilleur.

C'est cela l'œuvre du bon berger que nous célébrons aujourd'hui, et c’est pour cela que nous prions pour tous ceux qui lui consacrent leur vie aujourd’hui pour le servir.

A l’inverse  les faux bergers d’hier et ceux d’aujourd’hui: l’argent, les addictions, la technologie sans limite, les écrans dévoreurs de temps veulent faire de nous des esclaves.

Jésus, le bon berger, le vrai pasteur, celui qui guide son troupeau, qui le nourrit, qui le soigne quand il est blessé, qui va chercher dans les ravins la brebis égarée, et la porte sur ses épaules. Car chacune et sa préférée. Chacun de nous frères et sœurs, est le préféré, la préférée du Seigneur. Et pour le défendre contre le mal qui nous menace, il est prêt à donner sa vie, et il la donne vraiment, pour chacun d'entre nous. Il connait ses brebis, et ses brebis le connaissent. Ses brebis lui appartiennent. Comme un vrai berger, elles sont toute sa richesse. Et  nous, frères et sœurs, est-ce que nous lui appartenons vraiment ? Non pas bien sûr comme des objets, mais comme dans le mariage,  lorsque nous disons : je me donne à toi ; je suis tout à toi.

Voilà la parole que Jésus attend de nous quand il nous appelle par notre nom et que nous nous retournons vers lui : Mon Seigneur et mon Dieu !

Et que nous puissions lui dire aussi, avec la Vierge Marie et tous les saints : « me voici Seigneur : je viens faire ta volonté ». Et malgré les épreuves, connaître la joie sans fin de la vie éternelle reçue par notre baptême dans la mort et la résurrection du Christ. Il est vivant ! Il est vraiment ressuscité ! Amen, Alleluia !

Etienne ROGINSKI - Diacre

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