de Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'église

7ème Homélie sur la conversion

“ A moi, autrefois blasphémateur et persécuteur..., il m'a été fait miséricorde ” (1Tm 1,13) : la conversion de St Paul.

Il faut que nous gardions toujours à l'esprit combien tous les hommes sont entourés de tant de témoignages du même amour de Dieu.
Si sa justice avait précédé la pénitence, l'univers aurait été anéanti.
Si Dieu avait été prompt au châtiment, l'Eglise n'aurait pas connu l'apôtre Paul ; elle n'aurait pas reçu un tel homme dans son sein.

C'est la miséricorde de Dieu qui transforme le persécuteur en apôtre ; c'est elle qui change le loup en berger, et qui a fait d'un publicain un évangéliste (Mt 9,9).
C'est la miséricorde de Dieu qui, touchée de notre sort, nous a tous transformés ; c'est elle qui nous convertit.

En voyant le goinfre d'hier se mettre aujourd'hui à jeûner, le blasphémateur de jadis parler de Dieu avec respect, l'ignoble d'autrefois n'ouvrir sa bouche que pour louer Dieu, on peut admirer cette miséricorde du Seigneur.

Oui, frères, si Dieu est bon envers tous les hommes, il l'est particulièrement envers les pécheurs.

Voulez-vous même entendre quelque chose d'étrange du point de vue de nos habitudes, mais quelque chose de vrai du point de vue de la piété ?

Ecoutez : tandis que Dieu se montre exigeant pour les justes, il n'a pour les pécheurs que clémence et douceur.
Quelle rigueur envers le juste !
Quelle indulgence envers le pécheur !
Telle est la nouveauté, le renversement, que nous offre la conduite de Dieu...
Et voici pourquoi :
Effrayer le pécheur, surtout le pécheur obstiné, ce serait le priver de toute confiance, le plonger dans le désespoir ;
flatter le juste, ce serait émousser la vigueur de sa vertu, le faire se relâcher de son zèle.

Dieu est infiniment bon !
Sa crainte est la sauvegarde du juste, et sa clémence retourne le pécheur.