Les députés ont adopté en commission le 31 mars 2021, un droit à l’euthanasie pour les personnes en fin de vie souffrant d’une pathologie incurable, au terme d’un débat très clivé sur le sujet, attendu dans l’hémicyle le 8 avril prochain.

Afin de nous éclairer sur ce sujet très sensible, nous vous relayons, en guise d'édito, le POINT DE VUE de Jacques RICOT, (*) paru dans Ouest-France le  2 avril, sous le titre : « Euthanasie : on doit s’interroger sur la nature de la liberté ».

Voici ce qu'il écrit :

" Le pays, dans un choix assumé de remarquable humanité, a donné la priorité absolue à la protection de ses membres les plus vulnérables. Mais alors que tant d’autres questions graves et pressantes liées à la pandémie mobilisent les énergies, certains parlementaires choisissent de procéder à une offensive visant à obtenir la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.

Ce n’est pas un mince paradoxe. La question n’avait pas fait l’objet d’une promesse de campagne de l’actuel président de la République. Où serait donc l’urgence ? A-t-on bien mesuré l’effet produit par l’ouverture d’un tel débat dans le moment présent sur le moral des personnes que l’âge, la maladie, le handicap ont fragilisées ? N’y a-t-il pas une contradiction, et même une indécence, à leur délivrer un bien étrange message : nous nous battons quoi qu’il en coûte ​pour protéger votre vie, même très avancée, même très diminuée, mais si vous le désirez, nous vous offrons le moyen de choisir de disparaître ?

Personne n’osera dire à voix haute que cette dernière option soulagerait les services de réanimation, engendrerait des économies et donc serait finalement assez altruiste​. C’est pourtant bien là le résultat de l’ouverture de cette alternative, résultat dissimulé derrière le nouvel argument désormais allégué, celui d’un nouveau droit à quitter la vie, droit que devraient honorer, l’État, la société, le corps soignant.

Développer une culture palliative

Mais on doit s’interroger sur la nature de la liberté de la personne qui n’aperçoit pas d’autre choix possible que celui de se supprimer ou d’être supprimée. On est aussi en droit de se demander si le concours du corps social à l’exercice de ce qui se présente comme une liberté ne conduit pas, en réalité, à proposer une offre ​singulière et mortifère aux personnes en détresse. Ce droit de quitter la vie serait bien sûr encadré dans une première étape, mais nul ne peut douter que sa dynamique conduirait à demander constamment l’extension de ses indications. Nous devrions être alertés par les témoignages de soignants belges accablés par les dérives de leur législation (1).

On ne sait pas assez que l’interdiction par la loi de l’obstination déraisonnable permet de laisser la mort survenir sans intervention maltraitante sous le fallacieux prétexte de prolonger une vie qui ne demande qu’à s’éteindre. On ignore trop souvent que les traitements destinés au soulagement de la douleur sont un devoir du médecin même s’ils peuvent avoir comme effet d’abréger la vie​, selon les termes gravés dans le marbre de la loi. Il y a tant à faire pour développer une culture palliative dans la totalité de l’exercice médical et d’appliquer enfin ce que le législateur a exigé depuis si longtemps : l’accès aux soins palliatifs.

Hostile à la légalisation de l’euthanasie, Robert Badinter (homme de gauche) a préfacé avec bienveillance un livre de Jean Leonetti (homme de droite) parce que, disait-il, les sujets de la vie et de la mort transcendent les oppositions (2). Et c’est le député communiste, le regretté Michel Vaxès, qu’il faut entendre lorsqu’il déclarait à la tribune de l’Assemblée nationale : « Je refuse d’inscrire dans notre droit que la mort puisse être rangée parmi les ultimes thérapeutiques. »

1) T. Devos (dir.) Euthanasie, l’envers du décor, Mols, 2019.

2) J. Leonetti, C’est ainsi que les hommes meurent, Plon, 2015.

* Jacques Ricot : agrégé de philosophie, chargé de cours de bioéthique à l’université de Nantes est aussi auteur de Penser la fin de vie (Hygée, 2019),

Lire d’autres  réflexions du même auteur : https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-paul-ricoeur-et-la-fin-de-vie-5635277

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/ancenis-saint-gereon-44150/jacques-ricot-quatre-piliers-ethiques-regissent-la-fin-de-vie-5375479


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