En ce jour, je voudrais m’adresser tout particulièrement à vous chers jeunes qui allez-vous engager ou renouveler votre engagement au service de l’autel et de l’assemblée.
L’Évangile de ce jour vient nous nous parler d’un maitre propriétaire d’une vigne, qui prépare le nécessaire : en termes de protection (la clôture, la tour), d’outils pour la récolte (le pressoir) et qui confie celle-ci à des vignerons pour l’entretenir et en prendre soin, puis il part en voyage.
Toute la question et même la pointe de l’évangile va se situer au le moment de la récolte, lorsque le maitre souhaite recevoir le produit de la vigne. Cette parabole que le Seigneur nous propose vient questionner finalement la place des vignerons. Nous nous attacherons à leurs réactions dans un deuxième temps.
En prenant aujourd’hui l’engagement au service de la liturgie, que ce soit auprès de l’assemblée ou bien au plus proche de l’autel, vous recevez et vous acceptez la mission qui vous est confié de prendre soin de cette liturgie qui nous rends proche de Dieu, nous rapproche du Seigneur qui s’offre pour nous sur l’autel et qui vient alimenter et nourrir notre vie spirituelle. Vous êtes finalement dans une certaine mesure ces vignerons à qui le maitre confie une partie de la responsabilité de l’entretien, de la vigilance de la vigne.
Une vigne, comme toutes plantes ne donnent pas du fruit en un jour, instantanément, au contraire, cela demande de l’entretien, de la régularité dans le soin : prendre le temps de préparer le sol, de tailler les sarments, de veiller sur la bonne santé des plants, d’attendre la récolte et enfin d’en récolter les fruits.
Il y a de nombreux éléments qui l’on retrouve dans l’engagement que vous prenez aujourd’hui.
Oui, chers servants d’autel, chères servantes d’assemblée : En vous engageant aujourd’hui vous prenez cette résolution d’être présent de manière régulière pour le service, vous acceptez de vous former, d’apprendre, de faire ce service avec joie et avec humilité en ne recherchant pas votre propre intérêt mais celui de la communauté paroissiale que vous servez. C’est finalement ce travail au pied de la vigne que vous êtes appelé à faire, afin que l’assemblée que vous servez ensemble, que ce soit dans la nef ou dans le chœur, puisse grandir dans leurs vies spirituelles, se consolider, et porter du fruit en abondance.
Le Concile Vatican II parle de l’Eucharistie comme source et sommet de la vie chrétienne, c’est donc ce trésor que vous servez dans les différents rôles que vous prenez.
Les ouvriers dans la première partie de l’évangile ne posent pas de problème, mais avez-vous noté leurs attitudes lorsque le maitre demande le fruit de la récolte ? :
- Ils deviennent violents : ils frappent, tuent, lapident maltraitent à plusieurs reprises les serviteurs du maitre.
- Ils vont jusqu’à tuer le fils du maître pour espérer toucher l’héritage.
C’est tout l’inverse de la dimension de service à laquelle vous allez vous engager vous servants et servantes, et cela est valable dans tous nos « services » qui que nous soyons.
Par cette parabole le Seigneur nous montre que le maitre fait confiance en demandant aux ouvriers de prendre soin de sa vigne, une confiance qui demande d’être accueillie comme telle, en gardant cette place d’ouvrier, de vignerons, sans chercher à prendre la place du maitre. Le maitre « loue » la vigne à des vignerons, c’est-à-dire reste le propriétaire, il n’abandonne pas la vigne mais la confie à la responsabilité des ouvriers. Lorsque nous acceptons de servir avec douceur et fidélité, nous devenons d’une certaine mesure des collaborateurs du maitre, mais si nous accomplissons le service qui nous est demandé avec une volonté de prendre le contrôle, alors le service que nous faisons n’est plus une action au service du maitre, mais au service de nous-même.
Nous basculons alors dans une certaine forme d’égoïsme : Nous passons du « servir » à « se servir ».
Je vous invite chers servants à être vigilants à cette dimension qui nous guette tous : cette tentation qui est de s’attacher à un service avec obstination, sans rien vouloir lâcher, partager, écouter, en oubliant alors cette attitude joyeuse, humble et discrète qui doit animer un service.
Et nous tous, cette semaine je « nous » invite à relire les différents lieux de services que nous avons :
- (que ce soit dans le cadre familial, associatif, social et j’en passe),
- et en conscience osons nous poser la question :
Suis-je vraiment au service, ou est-ce que je me sers en servant mes propres intérêts ?
Chers servants, servantes, souvenez-vous qu’en servant la liturgie, c’est Jésus lui-même que vous servez afin qu’il soit en chacun des membres de cette assemblé, afin que tous grandissent dans cette relation avec Lui.
Merci pour l’engagement que vous prenez aujourd’hui, ce service est un témoignage de la joie de croire et de la vie avec Jésus auprès de ceux qui vous entourent.
P. Jean De Barmon