Chaque jour, un compte rendu, rédigé par Maryvonne de Vitton, nous permet de suivre les pélerins dans leur découverte des lieux que Vincent Ferrier a connus et de ceux que la mémoire, la culture et la vénération populaire maintiennent fermement vive à Valence et dans ses environs.

Vendredi 7 mars : 6è et dernière journée

Même les meilleures choses ont une fin : nous achevons ce soir notre pèlerinage sur les pas de Saint Vincent Ferrier !

Nous sommes partis ce matin en car vers Teulada, petite ville de 10 000 habitants, au sud de Valence, où Saint Vincent séjourna deux semaines en 1410 chez sa sœur Constanza, avec aussi leur frère Bonifacio qui était prieur chez les Chartreux.

Qui peut mesurer l’émerveillement que provoqua chez les habitants la visite de Saint Vincent, dans ce village qui ne comptait à l’époque qu’environ 350 âmes ?  Vincent n’était pas seulement un prédicateur de renom, mais aussi le conseiller et négociateur qui venait de solutionner la crise politique du Royaume d’Aragon ! De l’avis général, cet événement majeur fut déterminant pour l’avenir du village.

Nous avons été accueillis avec chaleur par le Maire, des membres du Conseil Municipal et de la Confrérie locale de Saint Vincent Ferrier, ainsi que par des habitants. La presse était là, et tous avaient préparé notre venue de longue date. Il y eut à nouveau échange entre le Maire et notre Évêque de messages d’amitié et de rapprochement entre les deux villes, ainsi que d’invitations et de cadeaux.

En 1410, après avoir respecté quelques jours d’intimité familiale pour Saint Vincent, la population se précipita vers la maison de sa sœur pour bénéficier des prédications de Vincent.

Pendant son séjour, Saint Vincent prêchait parfois depuis le balcon de la maison de sa sœur.

Nous sommes également passés devant une sorte de petit oratoire qui abrite le rocher duquel Saint Vincent aurait donné sa dernière prédication dans le village avant de quitter Teulada.

L’ancien bâtiment de Justice qui jouxte l’emplacement de la maison de Constanza pourrait bien devenir un centre d’étude sur Saint Vincent Ferrier.

Dans l’après-midi nous avons pris à pied, avec des habitants de Teulada -et sous un ciel d’un bleu intense « la Route de Saint Vincent Ferrier » : il s’agit d’un chemin de pèlerinage qui mène au lieu où Saint Vincent fit sourdre une source qui coule encore. Dans La Chapelle attenante, une céramique murale rappelle qu’en 2009 Mgr Centène a apporté une relique du Saint.

Sur le chemin, dans un paysage vallonné, nous traversons des vignes dont on tire un vin sucré, ainsi que des cultures en terrasses.

Dans le car qui nous rapproche de Barcelone d’où partira l’avion du retour, nous vivons un Chemin de Croix en ce Vendredi de Carême.

Quelques réflexions glanées au fil des stations :

  • - « Seigneur Jésus, Tu trouves dans Ton amour la force de Te relever.
  • - Par Marie nous prions pour toutes les mères, et en particulier pour celles qui ont perdu un enfant.
  • - Seigneur Jésus apprends-nous à nous laisser réquisitionner par les autres (comme Simon de Cyréne).
  • - Apprends-nous à regarder chacun comme Véronique T’a regardé.
  • - Tu es venu tout partager, jusqu’à nos faiblesses et nos chutes.
  • Apprends-nous à aimer celui qui tombe, celui qui nous déçoit, celui qui a besoin de s’appuyer sur Toi.
  • -Aide-nous à ne nous laisser vaincre par aucun obstacle.
  • - Le Crucifié, l’Homme de toutes les humiliations.
  • - Tu rejoins chaque homme au creux de sa déchéance. Apprends-nous à regarder chaque homme, chaque femme comme habité de Ta présence.
  • - Jésus, l’Homme aux bras ouverts pour toujours. Apprends-nous à ouvrir les bras à tous nos frères.
  • - Jésus, l’Homme que l’on a tué tant de fois en rejetant un frère !
  • - Apprends-nous à vivre de cette Espérance qui donne de l’appétit pour l’avenir. »

Si l’on devait résumer ce pèlerinage, il faudrait souligner de notre côté la bonne entente et la joyeuse atmosphère dans notre groupe, la joie d’avoir vécu ensemble ce temps privilégié, et la grande qualité de l’accompagnement spirituel.

Chez nos hôtes nous avons été frappés par la chaleur de leur accueil, leur ferveur, leur générosité, l’intensité de leur dévotion à Saint Vincent Ferrier, et l’omniprésence du Saint et de ses représentations, à Valence et dans sa région.

Nous vous remercions de nous avoir suivis par la pensée grâce au site de notre paroisse cathédrale, nous vous portons dans la prière et vous confions à Saint Vincent.

Nous vous convions chaleureusement au lancement du Jubilé de Saint Vincent le week-end des 17 et 18 mars : plus nous serons nombreux à prendre une part active aux différentes manifestations du Jubilé, plus loin et plus profondément sera transmis le message de paix et d’unité de Saint Vincent.

À bientôt donc !

 Jeudi 8 mars : 5è journée

Les jours défilent rapidement, et nous sommes déjà au 5ème jour de notre pèlerinage.

Nous nous rendons à quelques kilomètres de Valence, au « Collège Imperial des Orphelins de Saint Vincent Ferrier ». Fondé en 1410, il a accueilli et formé au fil des ans 30 000 orphelins. Au XVIIème siècle, le Roi Philippe IV lui accorda le titre de « Collège Imperial » ; c’est ainsi que perdure un lien avec la Maison Royale.

Le collège était situé au centre de Valence jusqu’en 1968, date à laquelle se produisit l’effondrement d’un bâtiment ; cette catastrophe se transforma bientôt en bénédiction : le collège fut reconstruit en 1972 à l’extérieur de Valence et put s’agrandir et assurer jusqu’à aujourd’hui son fonctionnement grâce aux revenus des terrains conservés à Valence.
Le « collège » accueille aujourd’hui 80 orphelins et 200 enfants des villages voisins, de 6 ans jusqu’à 18 ans, ou jusqu’à ce que la vie des orphelins soit stabilisée.
Dès l’origine le collège fut précurseur pour la promotion des jeunes-filles, en les scolarisant et les préparant à travailler et à s’assumer.
Le collège a fonctionné pendant toute la guerre civile.

En 1980 la cathédrale de Vannes a offert au collège une relique de Saint Vincent Ferrier conservée dans la chapelle. Sur le reliquaire d’argent figure une représentation de la mort de Saint Vincent à Vannes.
Au mur, un certificat officiel authentifie le don ; il est signé de l’Evêque de Vannes, de celui de Valence, du Député-Maire de Vannes et du Préfet du Morbihan.
Derrière le maître-autel un Christ ressuscité ouvre les bras au monde : message d’Espérance pour les collégiens.

Nous confions au Seigneur toutes les écoles de notre diocèse et tous les enfants sans parents.

L’accueil est tout aussi chaleureux à Liria où est venu Saint Vincent. Le maire et le président de la « Confrérie de Saint Vincent Ferrier » locale nous reçoivent à la mairie, un palais de la Renaissance dont le rez de chaussée a longtemps servi de marché au blé, base de l’alimentation de l’époque.

Notre Évêque rédige un message de paix et d’amitié sur le livre d’or de la ville, des cadeaux sont échangés, puis nous visitons deux églises de la ville. Sainte Marie a été construite au XIIIème siècle. C’était le moment de la « Reconquête » face aux Musulmans, et le Roi Jacques 1er d’Aragon construisait une église dédiée à la Vierge Marie dans chaque ville reconquise : ou bien la mosquée était transformée en église, ou bien elle était détruite et remplacée par une église qui en utilisait éventuellement certains éléments, comme ici des colonnes de pierre. Pendant la présence musulmane, aucune église ne fut construite et il n’y avait donc pas d’église romane en Espagne.

Les styles architecturaux avaient évolué entre temps et Sainte Marie est un exemple parfait de cette période de transition entre l’art roman et le gothique naissant. Le plafond de bois de style arabe révèle l’influence des chrétiens d’origine arabe. Saint Vincent a prêché dans cette église en 1410.

Au moment du développement économique de Liria, au XVIIème siècle, une seconde église fut construite, de style baroque celle-là : l’église de l’Assomption.

Après cette visite, une grande paella nous a été offerte et servie par les membres de la Confrérie !

Notre route nous a ensuite conduits dans la campagne vers le lieu où Saint Vincent fit jaillir une source dans le lit d’une rivière à sec. « Elle augmentera ou diminuera, mais il y aura toujours de l’eau à boire », aurait dit saint Vincent ; de fait, la source a traversé depuis 600 ans toutes les périodes de sécheresse sans se tarir. Sur place nous méditons sur l’eau qui donne vie et purifie, sur le pardon et le sacrement de Réconciliation.

Nous célébrons la messe dans l’église du lieu du miracle. Pendant la guerre civile elle a servi d’écurie, et les dalles de la sacristie portent les marques des sabots des chevaux ; elles ont été laissées en l’état pour mémoire.

À proximité, l’olivier sur lequel se tenait Saint Vincent pour prêcher a été abattu en 1936. De même, le doigt de Saint Vincent, toujours pointé vers Dieu, a été effacé de certaines céramiques pendant la guerre civile.

Nous méditons sur le pardon ...

Mercredi 7 mars : 4è journée 

Les Dominicains de Valence ouvrent notre 4ème journée de pèlerinage en guidant notre visite de la Basilique Saint Vincent Ferrier ; celle-ci, comme de nombreux édifices religieux, a subi d’importants dommages pendant la guerre civile.

Sur un grand tableau de céramique présentant des scènes de la vie de Saint Vincent, l’une d’elles représente la mort de Saint Vincent à Vannes en 1419.

C’est dans l’église de Saint Jean-Baptiste et de Saint Jean l’Evangéliste que Saint Vincent a présenté l’une de ses plus importantes homélies ; nous voyons à l’extérieur le lieu même de l’un de ses miracles en faveur des pauvres.

Il existe une « Confrérie de Saint Vincent Ferrier » dans chacun des 16 quartiers de Valence, et même des confréries d’enfants qui jouent chaque année les miracles de Saint Vincent dans les rues.

« La Halle aux Marchands », du XVème, est le bâtiment civil le plus emblématique de Valence. Il abritait le marché de la soie à l’époque des superbes costumes traditionnels aux jupes de soie brodée. Ses magnifiques salles sont classées au Patrimoine de l’Humanité.

C’est au Musée des Chars de la semaine Sainte, près du port de Valence, que nous mesurons la religiosité toujours vivante des Valenciens en admirant les chars imposants qui défilent dans le quartier chaque jour de la Semaine Sainte.
Ils sont financés par des confréries religieuses rattachées aux paroisses ; chacune a son propre costume avec cagoule pour cacher, à l’origine, l’identité du pénitent. Chaque char représente en grandeur réelle une scène de la Passion et de la mort du Christ.

Le thème de notre journée est la famille

Au cours de différents temps de prière, nous confions à Marie et à son Fils toutes les familles : familles heureuses, familles en souffrance, vocations laïques ou religieuses au sein des familles, séminaristes.

Après les vêpres, nous célébrons la messe à l’église Saint Jean de l’Hôpital, première église construite à la « reconquête » de Valence au XIIIème siècle, et connue de Saint Vincent. On y voit de superbes fresques d’origine. Un cimetière médiéval jouxte l’église qui, très endommagée par la guerre civile, a été restaurée dans sa pureté originelle après suppression des ajouts baroques. L’ensemble est d’une sobriété et d’une beauté impressionnantes.

Au cours d’une cérémonie brève mais très formelle, « Le très Illustre, Vertueux, Magnifique et Loyal Chapitre des Chevaliers Jurés de Saint Vincent Ferrier » a remis à notre Évêque une médaille commémorative en reconnaissance de sa dévotion à Saint Vincent Ferrier et de son souci de la développer dans son diocèse, en lien avec Valence.

Notre Évêque a souhaité partager cet honneur avec le Père Marivin, curé de notre cathédrale, et, Emmanuel Didier chargé de l’organisation du Jubilé de Saint Vincent Ferrier dans notre diocèse.

Mgr Centène a évoqué le passage de Saint Vincent à Perpignan où il a lui-même vécu comme laïc, puis prêtre et enfin évêque. Saint Vincent y a fondé la « Confrérie de la Sanch » qui accompagnait les condamnés à mort. Notre Évêque en a fait partie et a participé aux processions du Vendredi Saint autour du plus illustre et divin des condamnés à mort ...

Mardi 6 mars : 3ème journée

En ce 3ème jour de pèlerinage, l’Eucharistie -thème du jour- est concélébrée par notre Évêque et un Évêque coadjuteur de l’Archevêque de Valence, dans la Basilique de Notre-Dame des Désemparés, sainte patronne de la ville. Notre Évêque nous rappelle que « désemparé » signifie « privé de père » et évoque le risque que les décisions de nos politiques nous mènent à la naissance d’enfants sans père ...

Nous découvrons ensuite la cathédrale dont la nef, d’un gothique très sobre, contraste avec le chœur baroque.

Le musée de la cathédrale suscite admiration et émotion : il contient de très beaux objets dont la Bible de voyage de Saint Vincent et un calice en agate polie que le Christ aurait utilisé lors de la Sainte Cène, et qui est à l’origine de la légende du Saint Graal.

Puis nous visitons l’église Saint Nicolas dont le premier recteur fut le futur Pape Calixte III qui canonisa Vincent Ferrier en 1455. Valence a d’ailleurs donné deux autres papes à l’Eglise : Alexandre VI et Damase Ier.

L’église Saint Nicolas est appelée « La Chapelle Sixtine valencienne » en raison de son magnifique plafond peint au XVIIIème par un jeune artiste valencien.

Nous sommes touchés par la visite du Couvent Saint Dominique : le cloître, la salle capitulaire où Vincent prit l’habit, et le réfectoire, sont d’une grande beauté architecturale. Vincent y vécut 15 ans, et nous foulons l’emplacement de sa cellule.

Il est rappelé qu’à une époque les marins bretons, en escale, y venaient en pèlerinage pieds nus et à genoux !

Lundi 5 mars : 2è journée

Journée citadine pour ce deuxième jour de notre pèlerinage. Nous avons été guidés et accompagnés toute la journée dans Valence par le « Chapitre des Chevaliers Jurés de Saint Vincent Ferrier », chargés de tout ce qui a trait au Saint.
Nous avons découvert la maison natale de Saint Vincent, et prié dans la chapelle voisine.  Une pièce attenante présente des photos de Vannes et de sa cathédrale qui témoignent de la présence de Saint Vincent chez nous.
L’émotion des pèlerins était palpable devant les fonds baptismaux où Saint Vincent a reçu le baptême.

Notre maire, David Robo, son Adjoint à la Culture, Gabriel Sauvet, et le Président de Golfe du Morbihan-Vannes Agglomération, Pierre Le Bodo, ont été reçus à l’Hotel de Ville.  (voir photo)

Au cours d’une rencontre à l’archevêché, le Cardinal Archevêque de Valence et notre Évêque ont échangé des messages de paix autour de Saint Vincent.
L’Archevêque a promis de se rendre à Vannes au printemps 2019 pour célébrer le Jubilé.
Une messe concélébrée par l’Archevêque et notre Évêque a clôturé la journée.

Dimanche 4 mars : 1ère journée

Nous avons ouvert notre pèlerinage sur les pas de Saint Vincent Ferrier par une riche journée, en dépit d’un peu de pluie, au nord de Valence.
Des liens commencent à se nouer au sein du groupe, et la chaleur humaine  augmente !

Nous avons visité le pittoresque village de Morella perché sur une colline et intégralement entouré de remparts. C’est là que Saint Vincent Ferrier, le Pape Benoit XIII, ami de Saint Vincent, et le roi d’Aragon dont Vincent était le conseiller se sont rencontrés en 1414 pour tenter de trouver une solution au schisme de notre Eglise.
C’est aussi là que Saint Vincent a ramené un enfant  à la vie : son premier miracle.

À Peniscola, jolie petite ville de bord de mer, elle aussi entourée de remparts,  le Pape Benoit XIII, fuyant Avignon, s’est définitivement retiré dans un superbe château médiéval.

Notre journée fut ponctuée de temps de prière et de la célébration de l’Eucharistie, en ce troisième dimanche de Carême.


Cathédrale Saint-Pierre de Vannes

Ouverte tous les jours de 8h30 à 19h00 sans interruption.

Presbytère : 22 Rue des Chanoines
Tél : 02 97 47 10 88
Permanences d'accueil :
du lundi au vendredi (sauf l'été)
9h30 à 12h00 et de 14h30 à 17h30
Le samedi de 9h30 à 12h00

L'équipe pastorale

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logo guide michelin 2019   Pour la 3è année, la Cathédrale de Vannes reçoit une étoile au Guide vert Michelin 2019,  pour indiquer aux touristes et aux visiteurs qu'elle mérite le détour.

Diocèse de Vannes

site internet : http://www.vannes.catholique.fr

Maison du Diocèse
55 rue Monseigneur Tréhiou
CS 92241 – 56007 Vannes Cedex

Evéché : 14, rue de l’Evêché – CS 82003
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