5ème dimanche de Carême 

Après le dimanche de la Joie, dimanche dernier, voici que nous approchons du dénouement pascal. C’est la dernière ligne droite,  celle où les coureurs redoublent d’effort. Mais une ligne droite à nulle autre pareille : en forme de croix.

Quelques grecs voulaient voir Jésus : Curiosité ou démarche de foi ? Plusieurs étapes possibles dans ce désir de voir Jésus:

  • La curiosité : de quoi a l’air ce Jésus dont tout le monde parle ? Sans doute le cas de Zachée
  • le rencontrer ; comme on dirait « il faut qu’on se voie » (pour se parler)
  • le voir de près, pour entrer dans son intimité. Le regard amoureux, le face à face, la contemplation. « Ta face est ma seul patrie » (Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face – on l’oublie souvent)

Dans l’ancien Testament, il n’était pas concevable de voir Dieu sans mourir. Jésus, lui, non seulement se laisse voir mais approcher, pour nous révéler le visage du Père :  « Qui me voit, voit le Père » dit Jésus.

A nous pourtant, il n’est pas donné de voir Jésus directement. Dans la foi, il nous est donné seulement de pouvoir le reconnaitre, caché, mais pourtant réellement présent dans l’eucharistie et dans nos frères, particulièrement les plus souffrants. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». Sur la croix, avec son visage défiguré par la souffrance, ou comme aujourd’hui  dans l’eucharistie,  ou dans le pauvre : c’est toujours dans l‘humilité que Jésus se donne à voir.  « Regardez l’humilité de Dieu… ». Ne cherchons pas ailleurs une fausse gloire de Jésus.

Le vrai visage de Jésus, nous ne le verrons qu’au dernier jour, comme Job qui disait  « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin …de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, Il ne se détournera pas.» Mais, comme le disait St Bernard, avant de voir le Christ, il nous faut l’entendre.

Et  celui qui veut voir Jésus et devenir son disciple, Jésus l’invite à:

  • Se détacher de sa propre vie,
  • Servir Jésus
  • Suivre Jésus.

Se détacher de sa propre vie. Non pas de  la vie (Zoe en grec), don de Dieu : il nous faut aimer cette vie reçue !
Mais de notre personnalité (Noun en grec dans cet évangile), ce que nous paraissons ou que nous voulons paraitre aux yeux des  autres. Il faut renoncer à soi, dans le sens de Jean-Baptiste : « Il faut que lui grandisse et que moi je diminue » .

Servir Jésus, comme lui-même s’est fait le serviteur de tous. Comme Marie, à la fois servante de Dieu et d’Elisabeth et de tous ses proches. L’amour commence avec le service. Les parents le savent bien, comme toute vocation nourrie d’un véritable amour.

Suivre Jésus, apprendre à le connaître, à l’écouter pour être plus proche de lui.  Goûter la joie de sa présence. Le suivre particulièrement auprès de ceux qui souffrent. Et  le suivre jusqu’au pied de la croix, là où vont se révéler sa victoire et sa gloire.

C’est tout cela qu’ a vécu Saint Joseph que nous avons célébré cette semaine. Le détachement de lui-même, lui, le chaste, il l’a pleinement accompli. Il s’est fait le serviteur de son Dieu à travers la Sainte Famille, et si Jésus l’a souvent suivi, dans son atelier ou jusque dans la fuite en Egypte, au fond, c’est lui, Joseph,  qui suivait le fils de Dieu dans son cœur.

Alors, dit Jésus,  celui qui me suit ainsi, mon Père l’honorera.  Et quel est cet honneur ? Quelle distinction, quel titre de gloire ? Rien d’autre que celui d’être appelé enfant de Dieu. Et d’être invité au banquet des noces de l’agneau, être invité à entrer dans la maison du Père par celui qui essuiera toute larme,  pour une éternité de joie !

Ce sera la réalisation parfaite de la 1ère lecture : Vous serez mon peuple, je serai votre Dieu. Pas simplement un peuple, une famille, unie par la fraternité (Fratelli Tutti). ET la fraternité, dans une église, ça commence en apprenant  à se dire bonjour, à faire connaissance, à  s’intéresser aux autres.

Enfin Jésus annonce  son « heure » prochaine. Jésus est bouleversé, jusqu’aux larmes (2ème lecture) car il sait ce qu’il l’attend et ce que signifie pour le grain de tomber  en terre : être anéanti,  broyé par la meule, par la torture qui  l’attend, avec  les humiliations, les insultes, les coups, le fouet, la couronne d’épines et jusqu’à la mort par étouffement. La souffrance qu’il va endurer, c’est celle de toutes les souffrances de l’humanité de tous les temps, celle des malades dans les hôpitaux, celle des enfants et des femmes maltraitées, de ceux qui ont perdu un proche, un enfant. Ce sont toutes ces souffrances qu’il a porté en lui : les nôtres, frères et sœurs, par amour pour nous ! Ces souffrances qu’il emporte avec lui dans la nuit, pour le grand passage vers la lumière, la paix, la joie nouvelle. Et plus lourds que cela encore, toutes nos offenses, notre péché, en nous donnant le pardon. Ce seront ses dernières paroles sur la croix.

Nous aussi pouvons faire cette  expérience, dans notre propre vie : de nos souffrances, de nos échecs, de notre faiblesse, même peut naitre une nouvelle vie.

Et puis Dieu n’abandonne jamais ses enfants, particulièrement aux heures décisives.

Voici que la voix du Père se fait entendre, accompagnée d’un coup de tonnerre (manifestation de l’Esprit Saint, comme à la Pentecôte). Théophanie trinitaire. La gloire et la victoire de Dieu sont par avance révélées.

C’est l’annonce aussi de la victoire sur Satan, sur le mal, et sur la mort elle-même. La victoire de l’amour, de la joie du matin de Pâques où tout sera renouvelé à jamais. Victoire où il nous emporte avec lui, en attirant à lui tous les hommes.

Frères et sœurs, les derniers jours de ce carême approchent. C’est le moment, plus que jamais de tourner notre regard vers lui, de ne plus le quitter des yeux, d’être parmi ses disciples, ceux qu’il n’appelle plus serviteurs mais amis.

Bonne fin de carême, belle fête de Pâques pour célébrer l’avènement de cette vie éternelle qui est déjà commencée, Amen !

Etienne ROGINSKI - Diacre

(homélie de la messe de 11 heures)

Chers amis catéchumènes : Nathalie, Maksim,
Chères Sœurs du Bon Secours,
Chers couples de fiancés,

Mon défi ce matin est m’adresser à chacun de vous dans la diversité de vos parcours, mais dans l’unicité de vos aspirations : choisir le Christ comme maître de vie.

  • Dimanche dernier, nous avons entamé avec vous, Nathalie et Maksim, ce que l’Eglise appelle les scrutins. Etape nécessaire et importante, au cours du Carême, après votre appel décisif, étape de purification et d’illumination en vue de votre baptême le jour de Pâques.
  • Parmi nous aujourd’hui, les Sœurs du Bon Secours, présentes depuis plus de 150 ans sur notre belle ville de Vannes et qui nous quittent pour aller servir ailleurs, et autrement.
  • Et parmi nous aussi, des couples de fiancés qui se préparent au mariage.

Voici notre communauté au cœur de notre paroisse Saint Pierre. La paroisse, c’est « la famille des familles » comme aimait à si bien le dire Saint Jean-Paul II. Elle est belle cette communauté, c’est celle qui vous accueille et qui vous accompagne dans vos démarches de foi. Elle est composée d’enfants, de jeunes, de couples, de parents, de grands-parents. Elle est intergénérationnelle !

Ensemble nous vivons notre Pèlerinage de Carême vers Pâques. C’est le dernier dimanche avant la Semaine Sainte. Le temps approche où nous allons commémorer la Passion du Seigneur. Il faut avoir le courage de le dire. Notre liturgie deviendra sombre. Il y avait une tradition – qui maintenant se restaure un peu – de couvrir toutes les croix et statues dans les églises d’un tissu violet.

Les lectures pendant cette Semaine-Sainte sont amères. Elles racontent les confrontations de plus en plus aigües entre Jésus et les autorités religieuses. La souffrance de Jésus est réelle, violente, brutale, sauvage et injuste. Mais si nous restons avec ces scènes d’horreur, peut-être un peu fascinés par leur rudesse, nous ne sommes pas pleinement chrétiens. C’est pourquoi en ce dimanche – le dernier avant la semaine sainte - l’Eglise nous donne une orientation avant de nous plonger dans cette histoire douloureuse. Jésus lui-même nous apprend de quel genre de mort il va mourir. Sa mort ne sera pas une mort comme toutes les autres.
Certes, il y a la souffrance, mais dans cette souffrance se révèle une gloire que la mort ne détruit pas. Pour nous, de la mort de Jésus, une vie nouvelle jaillira, tout comme d’un grain de blé semé en terre, sort une nouvelle plante. Jésus ne reste pas seul, car il devient, comme nous le rappelle notre deuxième lecture de l’Epitre aux Hébreux, la cause du salut éternel, c’est-à-dire la source de la Vie de éternelle offerte à tous les hommes.

Chers amis catéchumènes, vous voulez voir Jésus comme le demandent les Grecs dans l’Evangile. Il faut du temps, de la patience et de la persévérance pour le connaitre et l’aimer. Interrogez la communauté : il faut du temps avant que la gloire de Dieu se manifeste aussi en nous, avant que le fruit que Jésus nous promet nous fasse mûrir. Mais courage ! Il a été élevé de terre, et il est en train de nous attirer à lui, et pas seulement nous, mais tous les enfants de Dieu dispersés.

Nathalie et Maksim, regardez autour de vous !

Des consacrées, des religieuses ! Elles ont donné leur vie par amour pour le Christ. Face à l’individualisme régnant, elles vivent en communauté. Elles font même des vœux de pauvreté (une vie simple et sobre), de chasteté (réserver son corps pour le Seigneur) et d’obéissance (ne pas tout choisir, consentir à l’autre). Elles sont heureuses car elles ont trouvé le sens de leur vie. Mais, face à la diminution de nombre de sœurs, elles doivent quitter Vannes pour rejoindre d’autres communautés où elles poursuivrons au mieux leur vie religieuse. Nous leur disons MERCI ! Elles ont pris SOIN des autres, dans la délicatesse du quotidien par leurs métiers d’infirmières et d’aides-soignantes. «L’heure est venue » pour Jésus, «L’heure est venue » pour elles de partir, de quitter avec le sentiment du devoir accompli pour porter du fruit ailleurs et autrement.

Des consacrés et des fiancés ! On ne se marie pas uniquement parce qu’on s’aime mais surtout pour s’aimer et semer jusque dans l’éternité. Le grain de blé ne restera pas seul. Dans le mariage, on est un parce que l’amour nous unit, on est deux parce que l’amour nous respecte dans nos différences et on est trois parce que l’amour nous dépasse.

Chers fiancés, vous vous mariez à l’Eglise parce que Dieu a fait alliance avec nous en Jésus-Christ. Le prophète Jérémie avait parlé d’une alliance nouvelle entre Dieu et son peuple. Les anciennes alliances avaient été rompues à cause de l’infidélité des générations antérieures.

Mais, dit Jérémie, à partir de maintenant, il y aura une alliance qui ne sera jamais rompue, parce qu’elle sera scellée dans les cœurs, au cœur même de nos existences. Dieu mettra sa Loi au plus profond de nous-mêmes. Il descend au plus profond de nos angoisses, de nos peurs, et de notre violence, et nous montre que pour lui, ces ténèbres ne sont plus ténèbres, mais plutôt le lieu de sa glorification.

Mes amis, vous qui allez vous marier cette année, apprenez à aimer gratuitement et en vérité. Apprenez à patienter, à vous écouter et à vous pardonner, à construire jour après jour, année après année, votre alliance conjugale. Le Christ se lie avec vous. Si vous le priez, si vous le cherchez, vous le trouverez. Il ne vous décevra pas.

Nathalie et Maksim. Voici notre communauté. Nous sommes heureux de vous entourer pour vivre vos «scrutins ». Avec vous et pour vous, nous allons entrer, en Eglise, dans la belle et grande semaine sainte. En attendant votre Jour J, baptême de purification et d’Illumination, parce que la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. AMEN

P. Patrice Marivin


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