6ème dimanche ordinaire - année B

Nous voici le 14 février ! La fête des amoureux est un dimanche ! Belle Providence !

C’est un jour de bonheur pour tous ceux qui sont heureux en amour. C’est peut-être aussi un jour triste pour d’autres : les personnes seules, pour les veufs, les veuves, les personnes séparées, les divorcées, pour les couples en difficulté.

En méditant la Parole de Dieu afin de préparer cette homélie, je me suis demandé comment faire le lien entre cette Parole proclamée et écoutée à l’instant et la fête des amoureux, si magnifiquement symbolisée par ce beau cœur, ici, devant l’ambon !

L’Evangile du jour raconte une histoire assez simple : un lépreux, Jésus, une rencontre, une délicatesse qui guérit, et un rapport à la communauté qui s’inverse pour les deux personnages après la guérison.

Parce qu’il est le lieu de la rencontre la plus intime entre deux êtres, parce qu’il met côte à côte et, certains jours, face à face, deux histoires, deux caractères, deux désirs, deux rêves forcément différents, parce qu’il invite chaque jour à agrandir l’espace de leur tente… le couple est, par excellence, le lieu de la COMPASSION et du PARDON !

L’amour le plus fort, la tendresse la plus «vivante » ne peuvent empêcher de laisser apparaitre, en filigrane, les traces du péché originel sur le tissu solide, chatoyant et coloré de toute vie conjugale (ou communautaire).

Le lépreux de l’Evangile, ne peut, lui non plus, dissimuler le mal originel qui abime son être : une clochardisation déshumanisante et l’exclusion douloureuse de sa communauté.

Dans le couple parfois, on s’exclut aussi ! Indélicatesses, soif du pouvoir, besoin de dominer, impulsivités conduisant à des paroles qui mitraillent, complicité avec le mensonge… Tout cela abîme le lien. Alors, vient le mal qu’on ne veut pas, parce qu’au fond du cœur habite toujours l’élan des premiers jours.

Comment sortir de cette apparente impasse, sans le PARDON, cette « divine chirurgie », ainsi nommée par Daniel Ange et qui permet d’avancer et de grandir au cœur même du couple.

Peut-être, faut-il ne pas confondre les peccadilles du quotidien avec les fautes graves et structurelles. Les peccadilles, on sait avec l’expérience, qu’on peut les surmonter avec indulgence, patience et miséricorde.

Mais pour les fautes lourdes qui détériorent ou qui sapent les fondations du couple, le pardon mutuel est vital :

  • Le Pardon mutuel n’est pas une faveur, mais une relation ;
  • Le Pardon mutuel n’est pas l’oubli, mais une réparation ;
  • Le Pardon mutuel n’est pas un cadeau, mais un échange.

Dans le couple, le pardon ne peut venir qu’après une étape de lucidité : reconnaitre que l’on a blessé l’autre, admettre que l’on a été blessé, suppose un vrai travail qui peut prendre du temps.

Comme le dit Simone Pacot aux couples en difficulté :  « Nous allons oser rester dans la crise, dans le mûrissement, marcher pas à pas, aller au bout de nos émotions, de la conversion, de la confrontation avec nous-même ».

Il ne s’agit pas d’oublier, ni de banaliser, ni de dramatiser, mais d’accueillir ce qui a été abimé en moi ou en l’autre. Demander pardon développe notre humilité, notre lucidité, notre soif de vérité. Recevoir le pardon de l’autre touche à notre capacité à comprendre, à positiver, à progresser et à aimer davantage.

Le pardon dans le couple, c’est comme le piano, il se joue à quatre mains. Dans un couple, quatre mains sont disponibles pour œuvrer ensemble à ce travail de conversion, chantier de toute vie, de toute la vie conjugale.

Le vrai pardon conjugal ne peut venir que de Dieu. Dans le sacrement du mariage, repose une réserve de matériau divin, qui vient transformer et transfigurer les balbutiements. La bonne volonté est relayée par l’élan d’essence divine qui va changer le mal en bien.

Ainsi, de blessures en pardon, de rechute en conversion, de marche arrière en nouvel élan, le couple grandit dans la fidélité à l’autre. Et chaque couple est invité à laisser la compassion de Dieu guérir peu à peu, les lieux les plus sombres et les reculés de ses «cathédrales intérieures ».

Pourquoi vous ai-je dit tout cela ?

Regardez l’Evangile. Le Christ agit sous l’effet d’une compassion qui mobilise sa miséricorde. Son cœur est mis en mouvement pour que, celui qui était « séparé », devienne le « purifié » et soit rendu aux autres avec un nouveau statut : celui de témoin.

Bel enseignement pour chacun de ses disciples. Bel enseignement pour nous aujourd’hui.

C’est le contact avec Dieu qui guérit, qui purifie. N’est-ce pas ce que Jésus fait en nous à chaque eucharistie : toucher, purifier et renvoyer à la vie ?

Ce soir, chaque couple, je l’espère, revivra cette belle guérison du Lépreux et demandera au Christ la grâce de la charité conjugale : Seigneur, MERCI, PARDON, S’IL TE PLAIT.

AMEN.

P. Patrice MARIVIN


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