Saint Martin par Clotilde Devillers

Le Père MARIVIN a célèbré, ce mercredi 11 novembre, une messe à la mémoire des défunts de la guerre 14 - 18 et pour la paix dans la monde. Nous publions ici l'homélie qu'il a prononcée le 11 novembre 2015. Elle reste d'une "étonnante" actualité !

Chaque 11 novembre, l'Eglise fête un soldat. Il ne porte pas la tenue bleu-horizon des Poilus de 14-18. Il ne porte pas le treillis et tous les équipements de combat du soldat d'aujourd'hui envoyé au Mali ou en «opération sentinelle » ici en France. Il a sur lui, la tunique, la cuirasse, le casque du légionnaire romain et le grand manteau rouge qui protège du froid et de la pluie.

Vous l'aurez deviné, le nom de ce soldat est Martin que l'Eglise fête sous le nom de Saint Martin de Tours.

Pourtant, il venait de beaucoup plus loin que Tours puisque originaire d'une ville située aujourd'hui en Hongrie. Martin, soldat dans l'armée romaine, la tradition raconte qu'une nuit d'hiver de l'année 338, alors qu'il était en patrouille, il rencontre un pauvre homme transi de froid. Avec son épée, il coupe son manteau en deux, donnant la doublure à celui qui en avait tant besoin.

Anecdote, légende dorée, allez-vous me dire, ou bien un geste qui peut nous faire réfléchir en profondeur à la question de la paix dans notre monde.

Devoir de mémoire, devoir de paix

Nous sommes ici par devoir de mémoire, c'est bien mais aussi, je l'espère, parce qu'au fond de nous-mêmes nous savons bien que la paix n'est jamais gagnée et nous n'en n'avons jamais fini avec la violence et les conflits.

Nous le savons, aujourd'hui, les guerres ont pris d'autres formes que celle du premier conflit mondial. Regardons l'actualité... C'est éloquent !

  • Est-ce que nous voulons la paix ?
  • Ou pour le dire autrement, est-ce que nous nous sentons concernés par la paix, autour de nous et dans le monde ?
  • Ou est-ce que nous pensons que c'est une affaire trop compliquée, qui nous dépasse, sur laquelle nous ne pouvons avoir de prise ?

Nous, chrétiens, croyons qu'agir pour la paix est l'affaire de tous, qu'agir pour la paix est la responsabilité de chaque habitant de la terre.

Devoir de justice et de solidarité

Quand Saint Martin coupe son manteau, il fait un geste de solidarité mais plus encore un geste de justice. Quand nous sommes capables, de milles manières différentes, de nous engager pour la justice et la solidarité, nous faisons grandir la paix en écho à la parole du Psaume 81 proclamé à l'instant :

Rendez justice au faible et à l'orphelin, faites droit à l'indigent et au malheureux ; libérez le faible et la pauvre, arrachez-le aux mains des impies".

 Si la paix dans le monde a besoin de l'épée de Martin, si elle a besoin de sa force, elle a encore plus besoin du manteau de Martin ; elle a encore plus besoin de la justice, du développement et de la solidarité.

 Le Pape François, dans son exhortation apostolique « la joie de l'Evangile» disait ceci et je le cite :

« Il faut comparer l'Eglise à un hôpital de campagne. Il faut soigner les blessures, tant de blessures ! Il y a tant de personnes blessées par les problèmes matériels, par les scandales, même dans l'Eglise... Des personnes blessées par les illusions du monde ».

Est-ce que nous connaissons, nous devinons les blessures de ceux qui nous sont confiés ? Que nous soyons, curé, maire, engagés dans la cité, chrétiens dans le monde, est-ce que nous écoutons encore le cri des hommes et des femmes de ce temps ? ou est ce que nous passons sans rien entendre et sans rien voir, trop occupés par notre vitrine et notre pouvoir...           

 Le livre de la Sagesse, dans la première lecture, nous le rappelait tout à l'heure :

« Soyez attentifs, Le maître de l'univers ne reculera devant personne, la grandeur ne lui en impose pas ; car les petits comme les grands, c'est lui qui les a faits ; il prend soin de tous pareillement ».

Devoir de fidélité au Christ  avec l'Eglise

Vous le savez bien, l'Eglise a une réponse à ce modèle et elle ne se détermine pas à partir des sondages ou du changement du climat idéologique. Elle met le cap vers un Royaume où l'homme a été libéré par le Christ du mensonge et de l'idolâtrie. L'Eglise désigne de loin, à travers les tempêtes et les péripéties de l'histoire, le port où Dieu nous attend. Elle manquerait à sa mission prophétique, si sa voix se taisait par timidité, par lâcheté ou par compromission. Sa vocation, c'est la fidélité à son Epoux, le Christ, à sa présence en elle, à son enseignement, à sa parole.

Face à la crise économique et financière sans précédent et à l'émergence de nouvelles pauvretés qui touchent aussi notre ville de Vannes, face au chômage et à l'endettement de beaucoup, face aux menaces écologiques et environnementales qui pèsent sur notre planète, avec les appels répétés à une moralisation de la vie publique, dans la gestion des ressources naturelles, l'Eglise se met en route en faveur d'une écologie de l'homme, en faveur d'une éthique de la vie humaine, pour en décliner la grammaire et la syntaxe.

Devoir de préserver la dignité de tous les hommes tout en sauvant la planète

Sauver la planète : oui. Sauver l'économie : Oui.

Mais d'abord sauver l'homme de lui-même. Le sauver de la tentation de Babel. Dans un monde globalisé, de plus en plus interconnecté et interactif, il s'agit de préserver l'unicité de l'homme, sa singularité, sa liberté intérieure, sauver sa raison.

Un homme aimé de Dieu, capable à son tour d'aimer, de vivre dans le beau, le vrai et le bien.

Bref, honorer son humanité depuis sa conception jusqu'en sa mort naturelle.

Face, il faut bien le dire aussi, à la poussée des individualismes, de l'anonymat et du protectionnisme, nous sommes appelés à nous laisser interpeller par les cris des hommes éloignés de toute dignité, à l'image du Christ avec les lépreux dans l'Evangile. Il nous faut inventer des fraternités nouvelles, où l'on découvre peu à peu que le vrai bonheur, à l'image de Saint Martin, c'est faire celui des autres, pour devenir ainsi un oasis d'Espérance pour notre prochain.

Cette parole exigeante et tranchante sur l'homme n'est audible et crédible que si nos propres vies font la preuve de sa fécondité.

Devoir de porter  au monde la parole du Christ

L'Eglise peut le dire à cette condition qu'elle porte à notre monde l'exigence que son futur soit aussi une promesse. Parce qu'elle est uniquement attachée au Christ, qui lui confie ses paroles de salut, l'Eglise est libre, je crois, de tout autre intérêt ou calcul. Et cette liberté la situe en posture critique, décalée et parfois dissidente par rapport au conformisme qui fait trop souvent la loi dans notre société.

Offrons tout cela maintenant dans l'Eucharistie. Offrons nos vies, ce que nous sommes, avec nos joies, nos tensions et nos désirs, offrons la vie du monde dans ce dessein de justice et de paix. AMEN.   

P. Patrice Marivin


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