24 è dimanche du TO – A

Il y a quelques années, une personne âgée, ayant vécu la déportation de la seconde guerre mondiale en rencontre une autre aussi âgée etqui jadis a vécu la même déportation. Elle la regarde et lui pose cette question : «  tu n’as jamais oublié, mais, as-tu pardonné ?

Réponse : je n’ai jamais pu pardonner.

L’autre personne la regarde, fait silence et lui rétorque : « si tu ne veux pas pardonner, tente d’assumer. Si tu ne peux pas pardonner, tu risques de rester prisonnier de tes geôliers jusqu’à la fin de ta vie. »

Dimanche dernier, nous "devisions" ensemble sur  la question délicate de la correction fraternelle au sein de nos communautés, et ce matin la Parole de Dieu va plus loin, plus en profondeur, et ensemble nous méditons sur  la question difficile, délicate et complexe du pardon !

"Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés" !

Chaque jour, vous comme moi, nous disons cette prière, avec cœur, avec sincérité … oh parfois, vous comme moi, avec routine ! Mais est-ce que nous prenons conscience de ce que nous disons, et de l'inouï qui nous est demandé !

Pierre ! Encore lui, oserais-je dire ! Pierre questionne : "Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?"... La question sent le vécu. On n’a pas de peine à imaginer que dans le groupe des 12 et des disciples du Christ, il y a déjà des jalousies, des compétitions, des actions maladroites qui engendrent peines et blessures.

Aujourd'hui, il en est de même … malheureusement encore. Notre monde, notre société engendre de plus en plus d’actes de violence et de vengeance. Regardez ce qui se passe souvent dans la vie courante et notamment dans les médias : on cherche «  la petite bête », le mot qui déclenchera la polémique, le clash, les situations, les faits qui mettront en difficulté ou qui disqualifieront ceux avec qui nous sommes en désaccord, ceux qui ne pensent pas comme les autres. Il se crée alors une société du soupçon, de la condamnation et même parfois de la haine ! Sans parler que désormais, aux violences verbales s'ajoutent les violences physiques.

Pour empêcher que notre société, notre « vivre ensemble » ne s’enflamme, il faut à tout prix chercher et trouver des lieux d’apaisement qui rendent propice les échanges, le respect, l'écoute, afin de se comprendre et d’avancer ensemble. Comment ?

En se tournant vers Dieu, pour faire avec lui ce que de nos propres forces, nous n'arrivons pas à faire !

"Combien de fois dois-je lui pardonner ?"

Jésus répond : "je ne te dis pas jusqu'à 7 fois, mais jusqu'à 70 fois sept fois" !

"Faire avec Dieu ce que nous n'arrivons pas de nos propres forces". La grandeur de la MISERICORDE que propose Jésus est telle que nous sommes invités à avancer en ouvrant des chemins de paix qui conduisent au pardon.

Pardonner, ça commence d’abord par un travail sur soi : il faut renoncer à nos réflexes, à nos automatismes de riposte « du tac au tac », à nos répliques acerbes, exposées, étalées parfois sur les réseaux sociaux … (et même les chrétiens ne sont pas en reste pour lancer leurs invectives peu charitables   … C’est à croire que pour survivre, il faut absolument casser celui qui ne pense pas comme soi) .

De fait les agressions reçues nous font toujours réagir négativement ?

  • Le désir de vengeance : « tu me le paieras », « tu ne perds rien pour attendre » . Nous savons par expérience que notre imagination n’est jamais à court d’idées pour échafauder des stratégies de représailles  !!!
  • La rancune : «  me faire ça à moi ? après tout ce que je lui ai donné ! » Les ressassements, les ruminations emprisonnent et empoisonnent nos nuits, et mêmes nos prières en nous confortant dans la victimisation.
  • L'indifférence : «  c’est fini, je ne lui adresserai plus la parole, je ne lèverai plus le petit doigt pour lui ….  » L’endurcissement du cœur devient le lieu possible de la haine, du dépit, du mépris de la société « tous pareils …. tous pourris »

La dernière solution intelligente qui nous reste pour guérir de nos fautes mutuelles, et que Jésus propose c’est le PARDON !

Notre intelligence veut pardonner mais notre cœur résiste parce que nous avons en nous « une fierté mal placée », un ego d’orgueil démesuré.

Que faire ?

Commençons par essayer de distinguer entre PARDONNER et SE RECONCILIER et recevoir le sacrement du Pardon !

Pardonner : C’est une démarche volontaire, unilatérale, personnelle. Je décide de pardonner pour tourner la page et pour ne plus souffrir de ce qu'il m'a été fait. Par la prière , je prends de la distance pour distinguer le péché de la personne qui l’a commis.  Cela ne minimise pas la faute ou l'offense mais proclame qu'elle n'aura pas le dernier mot sur moi et sur ma vie. Le premier bénéficiaire de cela est celui qui pardonne. Il sort d'un emprisonnement. Il vit une libération.

Se réconcilier (si c'est possible) : C’est une démarche « à deux », ou à plusieurs dans le cas d’une communauté, d’une famille. On décide chacun de faire un pas, de s'écouter, se rencontrer. On rouvre la porte sur un futur qui sera pacifié. Les esprits s’apaisent, les cœurs se rejoignent et la vérité est faite. Mettre des mots sur les "maux".

Et puis, vivre l'expérience du sacrement du Pardon : la Réconciliation ! Dieu m'a déjà pardonné. Il m'aime de toute Eternité. Il me connait. Il me précède. Il me guette. Vivre cette expérience libératrice de la réconciliation pour prendre un peu conscience de ce qui échappe à nos mesures. Dieu remet notre dette parce qu'il est saisi de pitié. Il est ce Roi qui exerce sa Patience et son Amour pour ses serviteurs ! Joie que cela procure ! Difficile peut-être de se confesser mais JOIE ensuite de s'être confessé ! « Aux captifs la libération ».

Et puis enfin, le Pardon nous place à la fin des temps ! Il anticipe la pleine communion qui nous attend quand tout basculera pour nous ! Nous ne pouvons pas entrer au Ciel avec nos rancœurs et nos rancunes ! La porte du ciel est étroite. Le Bon Dieu ne peut nous faire entrer nous et nos rancunes. Il y aura le mystère de la transition et de la purification (purgatoire) mais n'oublions pas : "Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour"... Et sur notre capacité à Pardonner !

"Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». AMEN.

P. Patrice MARIVIN


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