Commémoration des Fidèles Défunts

La mort n'est pas rien !

Tout à l'heure, nous allons prendre le temps (comme hier aux Vêpres de la Toussaint) de nommer délicatement celles et ceux qui nous quittés depuis 1 an !

Notre paroisse a accompagné des situations douloureuses, vous le savez : un père et sa fille, un oncle et sa nièce et tant d'autres ! La mort n'est pas rien !

À chaque célébration d'obsèques (ou ENCIELEMENT), quand je bénis le corps, je dis : "Nous croyons que nous ressusciterons corps et âme et au nom de cette foi, je bénis le corps".

Parce que le centre de notre foi est la "Résurrection du Christ", nous croyons que c'est tout l'être humain qui ressuscite.

Mais il y a deux résurrections : la "résurrection spirituelle" (de l'âme) et la "résurrection physique" du corps. La "résurrection spirituelle", c'est le passage d'une vie limitée commencée sur terre à une plénitude à laquelle nous adhérons  dans la vie éternelle. Notre âme, dans la vision béatifique, sera divinisée avant la résurrection de la chair.

La vision chrétienne qui s’appuie sur les Écritures,  nous donne de croire que nous allons vers un terme qui connaîtra sa plénitude en Dieu.

Nous sommes destinés à participer à la vie divine. Un jour, nous serons dans la Trinité, "du côté" du Fils, tournés vers le Père.

Le "projet" de Jésus, c'est de nous intégrer dans la vie divine (déjà commencée au baptême), tout en précisant bien : "C'est impossible aux hommes, mais rien n'est impossible à Dieu". Moyennant la grâce, cela devient possible !

Dans l'Évangile, Jésus n'a pas de cesse de transformer notre désir des nourritures terrestres en désir de la plénitude divine. Toute la Parole de Dieu entendue ce matin nous parle de la Table et des  Noces.

L'une des images les plus fortes de Jésus sur le ciel, c'est le repas, le festin des Noces. Cette image est plus qu'une métaphore. Sœur Faustine Kowalska le dit très bien :

Aujourd'hui mon âme se prépare à la sainte communion comme à un banquet nuptial où tous les convives resplendissent d'une étrange beauté. Et moi aussi, je suis invitée à ce banquet, je ne vois pas cette beauté mais un abîme de misère. Quoique je ne me sente pas digne de me mettre à table, je vais me glisser sous la table aux pieds de Jésus ; je vais ramasser au moins les miettes qui tombent de la table".

À travers le fait de manger, de se nourrir, il y a quelque chose de très puissant, que Jésus utilise pour nous dire qu’il nous donne tout, même sa vie.

Mais pour saisir le sens du banquet céleste, Jésus nous a prévenus, il faut avoir un cœur et une âme d’enfant capable d’accueillir sans complication les réalités invisibles du mystère. « Père je te rends grâce d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits».

 Au moment de la mort, nous vivons un saut radical, un décollage, une assomption sur l'échelle sainte. Il ne s'agit pas du tout de "passer dans la pièce à côté". La distance à franchir entre le fini et l'infini est telle qu'elle suppose une purification.

"Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'Amour" (Saint Jean de la Croix)

Jésus n'annonce pas directement le purgatoire, mais plutôt de façon implicite, l’exigence d’avoir un cœur pur, c’est-à-dire un cœur qui s’est dépouillé de son ego, de son superflu, et qui est mort à lui-même !

Si nous aimons ici parler du Salon de beauté pour la rémission de nos péchés (le lien du véritable amour et de la conversion), on peut imaginer le purgatoire comme le lieu de "l'adaptation au soleil", de "l'infirmerie du Bon Dieu" (Saint Curé d'Ars) ou encore du Salon de beauté de l'Esprit Saint.

Si le purgatoire n'existait pas, il faudrait l'inventer ! Au purgatoire, en effet, il y a un choc initial qui est brutal et sans doute assez douloureux, et une délivrance finale, lorsque l'âme accède au face à face, à la joie éternelle. C'est pour que ce moment sublime arrive, que nous prions pour nos défunts, spécialement et de la plus belle des manières par la célébration de l'eucharistie !

"Au soir de notre  vie, nous serons jugés sur l'Amour". Plus précisément, sur l'amour de la vérité et la vérité de l'amour. L'amour de la vérité, c'est en réalité la conscience droite. Nous prions d'ailleurs à la messe ainsi  : "pour tous ceux dont toi seul connait la foi, la droiture".

Si on est dans l'Église, et qu'on n’a pas une conscience droite, on peut se perdre. Ce n'est donc pas parce qu'on est "catho" qu'on va être sauvé.

Et ce n'est pas non plus parce qu'on n'est pas "catho" qu'on va être perdu. On ne peut pas juger, de l'extérieur, de la droiture de la conscience des personnes. Si des personnes ne connaissent pas le Christ ou ont rejeté sur terre une mauvaise conception de Dieu, mais ont une conscience droite, cela leur ouvre la voie à la grâce prévenante : c'est-à-dire la foi, l'espérance et la charité qui sont des vertus suffisantes pour être sauvé.

Le Concile Vatican II dit que nous serons jugés par la conscience morale sur les deux commandements de l'amour : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toutes tes forces et de toute ton âme et tu aimerais ton prochain comme toi-même".

Celui qui ne nomme pas Dieu ou qui rejette Dieu, ou, à une certaine image de Dieu, peut malgré tout avoir une conscience droite à travers l'amour du vrai, du bien, du beau, de l'un, de l'être.

Terminons cette homélie par un magnifique passage du Pape François (Amoris Laetitia, 258) :

"Mieux nous vivons sur cette terre, plus grand sera le bonheur que nous pourrons partager avec nos proches dans le ciel. Plus nous arriverons à mûrir et à grandir, plus nous pourrons leur apporter de belles choses au banquet Céleste".

L'Espérance chrétienne consiste à affirmer que le Seigneur prend soin de nos défunts et que le lien de l'amour continue de nous relier par-delà la mort.

Il est grand le mystère de la foi ! AMEN.

P. Patrice Marivin


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