22è dimanche du temps ordinaire - C

Il s'appelle Jules. Il va entrer en CM 2 demain matin .

Hier, sa grande question était : « à quelle place la maîtresse va-t-elle me mettre dans la classe et à côté de qui je vais être ? »

Grande question d'un enfant !

Certains, parmi vous, ont leur place habituelle à la messe... Tel ou tel pourrait être inspiré de monter un petit peu plus ... Celui qui a des oreilles qu'il entende ! Sourire.

Avec vous, en écho à l'évangile, j'ai envie de méditer sur "la dernière place". Pas si mal finalement, pour un dimanche de début septembre... Où tout redémarre... Où tout repart !

Quand tu es invité, va te mettre à la dernière place…

Quelle est donc cette  dernière place devant Dieu ?

La dernière place devant Dieu , ce n'est pas une place où l'on serait invisible, mais une place où l'on est humblement soi-même devant Dieu. Ce n'est pas une place où l'on se déprécie, mais où l’on apprécie toutes choses selon Dieu.

Ainsi sont les personnes « saintes » dans leur quotidien, celles qui se lèvent chaque matin en disant : « merci Seigneur pour ce jour que tu me donnes de vivre auprès de toi et des miens. Tout ce que je ferai, je le ferai sous ton regard. »

Être à la dernière place ne signifie pas qu’on ne vaut rien, et encore moins qu’on est en-dessous de tout, ou derrière tous les autres, comme dans un classement de compétition.

Les personnes qui sont conscientes de leur pauvreté et de leurs insuffisances ne craignent jamais de dire à Dieu , à l’exemple de la pauvre veuve de l’évangile : « prends pitié de moi Seigneur, car je suis pauvre et malheureux. »

Être à la dernière place devant Dieu c’est faire un choix évangélique essentiel : SERVIR ! «Le plus grand parmi vous est celui qui sert » dit Jésus. Autrement dit, le plus grand est celui qui se tient dans le service de ses frères.  On peut avoir beaucoup de responsabilités, beaucoup de relations, un travail aux avant-postes, et choisir cette dernière place, pour vivre sa vocation propre, sans dureté, sans faiblesse, sans fausse humilité.

Ainsi furent la Vierge Marie, Jean-Baptiste, saint Joseph, et  tant de saints qui ont eu pour unique modèle de vie : Jésus. « Je suis venu pour servir et non pour être servi. » (Mt 20, 28)

Opter pour la dernière place devant Dieu c’est ne pas faire valoir ses titres, ses décorations parce qu’au banquet de Dieu il n’y a pas de petit carton de réservation sur les tables.

"La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui" nous dit Ben Sirac le Sage.

On opte pour la dernière place, la place modeste, quand on reste à sa place parmi les frères, quand on se contente, sans amertume et en vérité, de la place offerte par eux dans leur estime et leur affection.

Vouloir être plus grand que les autres est une tentation qu’ont connue les apôtres Jacques et Jean : « Seigneur accorde-nous d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche quand tu seras dans ta gloire ». Ce qui veut dire : fais que nous soyons bien placés, bien en vue auprès de toi ! Et Jésus leur répond : « vous ne savez pas ce que vous demandez ». (Mc 10, 37).  Parce qu’à la dernière place, on laisse le Maître prendre l'initiative, pour le cas où il voudrait s'avancer en disant : "Mon ami, approche-toi, monte plus haut !".

La dernière place, c'est celle où l'on se perd soi-même de vue, attentif que l'on est à ce que le Maître va dire ou faire : "L'idéal du Sage, c'est une oreille qui écoute" dit encore Ben Sirac ! C'est celle où l'on se contente de l'amitié avec Jésus, sans frustrations, sans regrets, sans tristesse.

« Ma joie c’est de t’aimer », disait la petite Thérèse.

La dernière place c'est celle où l'on consent à être « dérangeable », et où les projets que nous faisons s'effacent tout joyeusement devant le projet de Dieu.

À l’image des prophètes, des apôtres, des religieux, religieuses, prêtres qui ont répondu à l’appel  de Dieu : « Viens et suis-moi ».

A la dernière place, on n’attend plus d'être valorisé, sinon par le regard du Christ, ami et compagnon ; on ne cherche plus à se faire remarquer ni à retenir l’attention de qui que ce soit, hormis celle du Maître des noces, qui regarde avec amour tous ses invités, même ceux qui sont en bout de table.

« Heureux les invités au repas du Seigneur  ! »

Je reviens à Jules qui entre en CM2 et qui est aussi servant d'autel dans sa paroisse. ( servant= un mot ajusté à l’évangile) Il participe régulièrement, à sa place, au banquet de l'eucharistie dominicale, qui préfigure celui du Ciel , où Dieu nous attend : "Je pars vous préparer une place".

Deux choses encore : la dernière place exige de l’humilité et de la gratuité.

  • L'humilité parce qu’elle est la vertu nécessaire à toute vraie relation avec Dieu et avec nos frères.
  • La gratuité, parce que Dieu, qui n’est jamais dans le « donnant-donnant », nous invite à pratiquer une générosité sans arrière-pensée. Notre tentation, c’est de vivre avec des gens qui nous ressemblent. Mais si nous entrons en relation avec des gens différents, si nous mangeons avec eux, si nous les intégrons dans nos relations, nous devenons plus fraternels.

Voilà... Une manière d'être... Une manière de chercher et discerner sa place, en ce début d'année scolaire et pastorale...   En famille, au travail, à la paroisse, entre amis !

AMEN.

P. Patrice Marivin


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