2ème dimanche du temps ordinaire – B

  • Premier livre de Samuel 3/3-10,19 ; Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 6/13-15, 17-20 ; Evangile selon saint Jean 1/35-42.

Première homélie : messes de 18h30 et 9h30 ( P. Jean-Baptiste Jégo)

La belle histoire de Samuel (première lecture) et l’Evangile selon saint Jean ont en commun d’évoquer un APPEL :

  • l’appel extraordinairement persuasif et insistant que Dieu adresse à un jeune homme attaché au service du temple,
  • l’appel que Jésus adresse à deux disciples de Jean-Baptiste.

Comment se fait l’appel ?

Remarquons d’abord l’aspect étonnamment personnel de cet appel. Samuel est appelé par son nom. Le nom qui nous sort de l’anonymat, qui fixe notre identité, qui permet, comme le regard, d’entrer en relation… Dans l’Evangile, Jésus va encore plus loin : il donne un nom nouveau à Simon, lui signifiant la vocation particulière à laquelle il est appelé  « Kepha », le rocher, la pierre sur laquelle se fondera l’Eglise.

Chacun d’entre nous est appelé, par son nom. Chacun d’entre nous est identifié, dans sa personnalité, dans son originalité. Bien plus encore, chacun d’entre nous est aimé pour ce qu’il est. Chacun d’entre nous est cher au cœur de Dieu…

« Que votre cœur cesse de se troubler.
Croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père…
Je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi afin que là où je suis vous soyez, vous aussi » (Jean 14/1-3).

L’autre aspect de cet appel, c’est qu’il est précis et concret, tout le contraire d’une douce rêverie. « Suivre » Jésus, c’est vraiment, littéralement, « marcher derrière lui », c’est vraiment « rester avec lui », « demeurer avec lui »

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments ».
Demeurez en moi, comme le sarment demeure sur le cep… » (Jean 15/4,5).

Pour demeurer dans le Christ, pas question de quitter notre vie de tous les jours. Le disciple de Jésus n’est pas celui qui décolle de l’humain, celui qui fuit ce « bas monde » comme on disait autrefois, mais celui qui s’y enracine. L’Evangile nous enseigne que le Christ n’est pas enfermé dans les temples sacrés mais qu’au contraire il « va et vient » dans les méandres immenses et tragiques de l’humanité.

« Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, Jean-Baptiste dit : Voici l’Agneau de Dieu » (Jean 1/35), l’Agneau qui, par son sacrifice, nous libère de nos entraves, à commencer par celles du péché et de la mort. Le pardon est toujours offert. L’espérance est donc possible. Le compagnonnage avec le Christ qui a vaincu le mal par sa mort et sa résurrection devient une force pour accueillir le monde tel qu’il est et travailler à le changer comme il faut. Par tous ceux qui acceptent de porter cette bonne nouvelle, le Christ ne cesse, en effet, d’ « aller et venir » en ce monde dont il est le Sauveur ; c’est bien pour cela qu’on l’appelle le « Christ Roi » ou le « Maître de l’histoire ».

Un troisième aspect de cet appel, c’est qu’il est répercuté par ceux-là mêmes qui ont commencé – seulement commencé – à suivre le Christ. C’est André qui parle  à son frère Simon et qui l’amène à Jésus.

« Nous avons trouvé le Messie ! » (Jean 1/41).

Dans un très beau texte écrit dix ans après le Concile, et qui reste toujours actuel, « Evangelii nuntiandi », traduit en français par « L’évangélisation dans le monde moderne », le pape Paul VI nous incitait à répercuter autour de nous le nom de Jésus.

« L’Evangile doit être proclamé d’abord par un témoignage (…) Et cependant cela reste toujours insuffisant si ce témoignage n’est pas éclairé, justifié, explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus (…) Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés » (Evangelii nuntiandi, 8 décembre 1975, chapitre 2, n° 21,22).

Une dernière remarque : Jésus ne demande pas à ses disciples s’ils ont des compétences particulières pour le suivre. Il leur demande seulement d’aimer et d’être fidèles.

L’appel que Jésus nous adresse en fonction des besoins de l’évangélisation, ici est maintenant, est toujours une question de LIBERTE et d’AMOUR.

Tout tient dans ce bref dialogue :

Jésus : « QUE CHERCHEZ-VOUS ? »
Nous   : « OU DEMEURES-TU ? »
Jésus : « VENEZ ET VOUS VERREZ ! »

P. Jean-Baptiste JEGO

2ème homélie : messes de 11h00 et 18h00 (P. Patrice Marivin)

Trop jeune Samuel pour penser que c'était Dieu qui l'appelait !

to 2dim b appel disciplesEn effet, dans la première lecture, le Samuel encore enfant, ne peut pas s'imaginer un seul instant que Dieu puisse s'intéresser à lui, s'adresser à lui, être avec lui, le choisir pour être un jour le prophète Samuel, l'un des plus grands prophètes de l'histoire d'Israël.

En l'appelant par son prénom, Dieu fait naître en Samuel une vocation personnelle (vocare=appeler) celle de l’écoute intérieure et cela éclaire tout son être pour qu’il devienne progressivement, sous l’action de l’Esprit saint, serviteur et prophète.

Serviteur  : « Parle ton serviteur écoute » et prophète : « va je t’envoie ». On ne peut être envoyé qu’après avoir écouté.

Ecoutons ce que dit le Pape François : "En vertu du baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire. Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l'Eglise et le niveau d'instruction de sa foi, est un sujet actif de l'évangélisation".

Mais revenons à la source ! Revenons à la fraîcheur des commencements  de la vie publique de Jésus !

Ce qui frappe dans ce texte d’évangile, c’est que les disciples apprennent à connaître Jésus par des intermédiaires :

  • Jean Baptiste conduit André et un autre disciple à Jésus,
  • André invite son frère Simon à rencontrer le Seigneur,
  • et plus tard, c’est Simon qui parle à Philippe
  • lequel, à son tour, transmet la nouvelle à Nathanaël...

Et il en est ainsi depuis toujours ! L’appel de Dieu est transmis par quelqu’un, qui, ayant rencontré Jésus, en parle à d’autres.

Saint Jean dira dans sa première lettre : «Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie... nous vous l’annonçons.» (1 Jean 1, 1-4)

Rendons grâce à Dieu pour toutes les personnes qui ont été à l’origine de notre foi et qui nous ont introduits au Christ : nos parents, nos grands parents, un oncle, une tante, un prêtre, une catéchiste, certains enseignants... L’histoire du christianisme est une grande chaîne de personnes qui conduit à rencontrer Dieu.

Dans le texte d’aujourd’hui, lorsque le Christ rencontre ses premiers disciples, il ne leur dit pas «suivez-moi»… mais : «Que cherchez-vous?»  Et plus tard, cette même question de Jésus est reprise dans l’évangile de Jean. A Gethsémani d'abord,  quand Jésus demande aux gardes venus l’arrêter  : "Qui cherchez vous ?" et ensuite, après la résurrection, quand il trouve Marie-Madeleine en pleurs près du tombeau et qu’il lui demande : " Qui cherches tu ?"

Cette question s’adresse à chacun d’entre nous.  Que cherchons-nous? Quels sont nos désirs et nos aspirations? Quel est le sens de notre vie? Que cherchons-nous en famille, au travail,  en paroisse, en Eglise ? Quelles sont nos priorités?

Car si nous voulons être disciples de Jésus cela exige d’aller « là où il demeure » pour comprendre et voir les choses par le prisme de son regard d’amour.  

 Les deux disciples de Jean-Baptiste questionnent et demandent avant de s’engager  « Où demeures tu ? ».

 Et la réponse de Jésus, qui est d’une sobriété étonnante, les désarme « VENEZ et VOYEZ ! »  Jésus ne donne aucune indication. Pas de rue, pas de numéro, pas de code, pas d'identifiant dirions-nous avec les mots d'aujourd'hui. C’est une véritable invitation à l'expérience.

Jésus ne s’impose pas, il propose, il suggère : "Vous verrez bien...". Cela rappelle la réponse de Jésus au jeune homme riche venu lui demander conseil « Si tu veux, viens suis-moi …. »

 Dans les récits évangéliques, il n’y a pas de longs pourparlers remplis d’argumentaires, mais le regard de Jésus plein d’amour.

 Jean-Baptiste rencontre ce regard et s’efface pour désigner « l'Agneau de Dieu »  aux deux disciples.  Et,  dit l'Evangile, «  les deux disciples entendirent et ils le suivirent ».

 Et si toute vocation était un regard et une écoute ?  Une affaire de voix et une affaire de cœur !

  "Venez et vous verrez" - "Ils allèrent donc, ils virent et ils restèrent".

Les disciples sont restés fidèles au Christ.

Comme eux, nous devons rester fidèles à notre profession de Foi.

  • Le OUI d'un jour, il faut l'habiter tous les jours, le labourer, réensemencer.
  •  Le OUI d'un jour, il faut l'entretenir en restant, en demeurant, en durant, même s’il faut parfois toute une vie pour reconnaître l’appel reçu et y consentir.

Appelé par notre prénom au jour de notre baptême, Dieu a fait de chacun de nous des serviteurs et des envoyés de sa parole, c’est-à-dire des disciples-missionnaires.

Mais à l’image de Samuel, est-ce que nous avons développé en nous l’écoute intérieure indispensable pour devenir des serviteurs de la parole ?

Avons-nous à cœur de poursuivre notre formation spirituelle, d’approfondir notre connaissance de l’évangile pour annoncer « Ce que nous avons entendu, ce que nous reçu, ce que nous avons contemplé »

Vous l'aurez compris, frères et sœurs, tout chrétien est un appelé et sa vocation est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l'amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes "disciples" et "missionnaires", mais toujours que nous sommes "disciples missionnaires". Si nous n'en sommes pas encore convaincus, regardons à nouveau André et son frère Simon. Après avoir reconnu le REGARD de Jésus, ils allèrent proclamer avec joie : "Nous avons trouvé le Messie".

 Et nous qu'attendons-nous ?

Assurément, nous sommes tous appelés à grandir comme témoins du Christ, et en même temps nous devons savoir écouter ceux qui ne partagent pas notre foi. C’est à nous de trouver le mode le plus juste pour communiquer le Christ au cœur des situations dans lesquelles nous nous trouvons.

 AMEN.

P. Patrice Marivin


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