1ère homélie : 24 décembre 2017 - messe des familles à 18 heures

DIEU TIENT PROMESSE !

Ce soir, quand je vous regarde tous, je me dis :

  • Dans quel état d'esprit sommes-nous là ce soir ?
  • A quoi, à qui pensons nous vraiment ?
  • Qu'est-ce qui nous habite ?

 Je vous regardais tout à l'heure, pendant la narration du conte, étonnés et peut-être émerveillés... Les enfants, ici devant, écoutaient, regardaient, scrutaient...

Mes amis, avec quoi sommes-nous venus ? Qu'est-ce qui nous habite, chacun, profondément, intérieurement ?

Je me permets de vous poser cette question car NOEL :

  • C'est la fête de Dieu qui veut nous rejoindre chacun, au coeur de ce que nous vivons, au coeur de ce que nous traversons.
  • C'est la fête de Dieu qui a voulu naitre dans ce monde pour que puisse germer son Royaume de Paix et d'Amour.
  • C'est la fête d'un Dieu qui voudrait naitre et renaitre encore aujourd'hui, dans ce monde qui en  a tant besoin.

Et moi, ce soir, cette année, ce qui me frappe, au coeur des joies et des tumultes de l'actualité de notre monde, c'est que NOEL c'est la fête de Dieu qui tient promesse ! C'est la fête de Dieu qui a tenu promesse au peuple d'Israël et donc, de Dieu qui peut tenir ses promesses encore pour nous.

C'est vrai que je ne sais pas qui est Dieu pour la plupart d'entre vous, s'il est quelqu'un sur qui vous osez vous appuyer et que vous osez prier, ou s'il est une hypothèse ou une idée, ou s'il n'est peut-être rien du tout !

Souvent, j'entends autour de moi des gens qui doutent de l'existence de Dieu parce que la vie pour eux est trop dure et qu'ils ne comprennent pas pourquoi il y a tant de mal et de souffrance. Et ils se disent : « si Dieu existe et qu'il est bon alors pourquoi ce mal, pourquoi cette souffrance ? ». Pourquoi Dieu permet-il le Mal ? Pourquoi est-il impuissant à le vaincre ?

Et bien, figurez-vous que Jésus-Christ, celui que nous fêtons ce soir, ce petit bébé de la crèche, celui que nous reconnaissons comme le Messie promis par Dieu, son envoyé qui doit nous libérer de ce qui nous empêche de vivre pleinement, Jésus vient nous révéler que Dieu ne supprime pas le mal et la souffrance de ce monde, mais qu’il se tient avec nous, près de nous dans nos souffrances. En venant expérimenter notre vie humaine, il s’est risqué aux péripéties de l’existence : précarité, exil en Egypte, hostilités, railleries et finalement la mort par la torture.

La vie de Jésus sur terre est une vie très humaine : il côtoie les malades, les lépreux, les infirmes, les pécheurs. Il guérit, pardonne, relève.

En Jésus, par Jésus, Dieu montre qu’il est du côté de ceux qui souffrent.  Il n’est pas un Dieu dominateur, triomphant et punissant. Il est «  avec nous dans nos épreuves » au coeur de ce que nous traversons ou de ce qui nous tombe dessus. C'est un Dieu qui se révèle dans les petites choses presque imperceptibles de chaque jour, car il ne s'impose pas, il s'offre, il se livre, il se livre à notre liberté.

Jésus aurait pu naitre à grand coup de feux d'artifices dans Jérusalem, la capitale du pays ; mais non, il naît presque seul, vers la petite bourgade de Bethléem, quasiment rejeté puisque ses parents n'ont été reçus nulle part - on nous a dit dans l'Evangile qu'il n'y avait pas de place pour eux -, et il naît dans la nuit noire, au fond d'une espèce de grotte, loin des regards et des dorures des palais réservés aux puissants. En plus les premiers qui reçoivent l'annonce de sa naissance et qui vont la répandre, ce sont des bergers, des pauvres, ceux qu'on risque de ne pas croire !

Dieu avait promis qu'il enverrait un Messie, un libérateur.

Le prophète Isaïe avait prédit qu'au milieu des ténèbres que traversait le peuple d'Israël, et par extension, qu’au milieu de nos obscurités et angoisses humaines, il y aurait comme une lumière qui allait advenir, surgir. Elle éclairerait, réchaufferait, ferait du bien ; cette lumière serait du côté de tout ce qui fait revivre et reprendre espoir. Et on saurait que c’est arrivé grâce à la naissance d’un petit-enfant qui serait appelé « Prince-de-la-paix. »  - C'est ce que l'on a entendu dans la première lecture.

Ce petit enfant, nous croyons que c'est Jésus, sa façon de vivre et son message ont montré que c'est lui qu'Isaie annonçait.

Dieu a donc tenu ses promesses ! Et si Dieu a tenu ses promesses, c'est qu'il peut encore les tenir. Et donc quand Jésus nous dira par sa mort et sa résurrection qu'avec lui et qu'avec Dieu la vie sera plus forte que la mort qui nous tombe dessus, alors nous pouvons le croire, nous pouvons nous appuyer sur cette promesse.

Les apparences peuvent nous faire douter ; c'est livré à notre confiance ! Et c'est vrai que je ne sais pas ce que nous vivons les uns et les autres, ce que vous traversez. Je ne sais pas ce qui vous aide à tenir et à avancer ou au contraire ce qui vous fait désespérer.

Mais en cette soirée de NOEL, j'aimerais que vous reteniez ce message :  Dieu a tenu promesse, Dieu est fidèle, Dieu tient parole.

C’est cela qui fait notre joie de Noël. C’est cela qui donne sens à notre présence ici pour le chanter, le louer, le célébrer et le prier !

Jésus nous a dit qu'il serait toujours avec nous, mystérieusement, mais réellement, même si nos yeux ne le voient pas, alors croyons-le !

Il nous a dit qu'il pouvait se rendre présent à nous dans le mystère du Pain de l'eucharistie que nous allons recevoir tout à l'heure, alors croyons-le !

Il nous a dit qu'il nous aime, que nous avons du prix à ses yeux, qu'il pouvait porter avec nous tout ce que nous avons à vivre, alors croyons-le !

Osons lui confier nos joies, nos peines, nos questions, nos révoltes...

Demandons-lui avec force qu'il mette Sa Paix en chacun de nous et entre nous aussi.

Demandons-lui sa JOIE ce soir... Joie de croire, joie de vivre ; Joie de savoir que rien, pas même la mort, ne pourra nous séparer de l'AMOUR qui vient Lui.

Joyeux NOEL à tous !

P. Patrice Marivin

2è homélie: messes du jour de Noël

La Lumière a brillé dans le ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

creche noel22 h 30, hier soir, sur le parvis de notre cathédrale. La messe de la nuit de NOEL présidée par notre évêque vient de se terminer. Une petite fille s'approche et me dit de sa petite voix : "Je suis heureuse. Ce soir, j'ai vu Jésus. Et qu'est-ce qu'il est beau !".

"Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous !"

Hier soir, l'Evangile nous invitait à contempler avec les bergers, l'enfant Jésus à la crèche, dans la nuit, avec Marie et Joseph. Seuls les chants des anges et la joie des bergers s'élevaient dans le silence de cette douce et sainte nuit. Discrétion, pauvreté, humilité, obscurité, rien ne laissait présager que le Sauveur, le Messie, venait de naître.

Tout autre est l'Evangile de ce jour de NOEL.

La Lumière est là, le soleil invincible amorce sa remontée pour surmonter la nuit. Pour nous chrétiens, l’invincible soleil, autrefois célébré dans les cultes anciens, c’est aujourd’hui ce petit enfant-Lumière qui vient traverser les ténèbres de notre humanité. Avec saint Jean nous reconnaissons que  « le Verbe s'est fait chair ».

De cette vérité de l’histoire, Bernanos a pu écrire dans le Journal d’un curé de campagne, « les journalistes de ce temps-là n’en ont  rien su ! »

Effectivement, le tapage médiatique n’était pas au rendez-vous de «  l'heureuse nuit de Palestine » ! pas plus qu’il ne fut au rendez-vous de l’étrange nuit sur la Colline.

Il est frappant de voir que les grands événements où l’on peut discerner l’action créatrice de Dieu ont lieu la nuit :  Nuit des origines …. Nuit de Noël … nuit de Pâques ….

Que pouvons-nous en déduire ?

Dans le prologue de son évangile, Saint Jean nous met sur une piste : «  … La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. »

Le Nouveau-né de la crèche est bien la Lumière que les ténèbres n’ont pas arrêtée. Aujourd’hui, nous le chantons ainsi :  « Il est Dieu, Il est notre Lumière, Rayon jailli du Cœur très saint du Père ! Sa clarté embrase l’univers, Il est la Vie illuminant la nuit ! » (Chant : levons les yeux)

Jésus est bien Celui qui nous offre la possibilité de voir un peu plus clair dans nos vies et de diriger nos pas dans la clarté.

Mais, ce matin, vous allez me dire qu’il reste encore des nuits, en beaucoup d'endroits et en beaucoup de vies. Les souffrances petites et grandes, les violences, les blessures, les haines.

Dieu peut-il venir en ces nuits ?

Oui. Les ténèbres n’arrêtent jamais la lumière divine ! Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu naît au sein de notre humanité, Dieu se fait homme, Dieu vient prendre, au quotidien, la route des hommes.

Si le Christ éclaire tout homme, cette lumière fait apparaître la vocation profonde de l'être humain créé à l'image et la ressemblance de Dieu : celui qui se laisse illuminer par le Christ, qui accueille dans sa vie  - sa vie la plus ordinaire - la lumière que Jésus lui offre, devient alors enfant de lumière,  enfant de Dieu.

Ce n'est pas Dieu qui nous gouverne d'en haut, qui nous dirige depuis le ciel ; ce n'est pas Dieu qui nous domine ou nous écrase.

Au contraire : il vient se faire tout petit entre nos mains. Il vient naître parmi nous. Il vient apprendre la vie avec nous !

Dieu vient apprendre la vie avec nous :

  • il veut connaître notre condition humaine de l'intérieur,
  • il veut goûter ce que nous goûtons,
  • il veut comprendre ce qu'il y a dans nos cœurs.
  • il veut devenir notre ami.
  •  Il ne veut pas s'imposer à nous.

En naissant dans notre monde, il entre passionnément dans notre histoire. Il espère éperdument devenir notre ami et pour cela il va, patiemment, par sa parole vivante, par son corps offert, conquérir nos cœurs comme un enfant sait bien le faire.

En venant vivre au milieu des hommes, Dieu s’est placé du côté de la fragilité et non de la puissance.

Etty Hillsum, cette jeune juive qui a connu l’horreur nazie et qui en est morte, avait pu écrire en s’adressant à Dieu :  « Je sais que tu ne peux rien faire ici, mais je vais t’aider à ne pas t’éteindre en nous. »

Ne pas laisser Dieu s’éteindre en nous ! Voilà une résolution à prendre devant la crèche !

Ne pas lui porter atteinte non plus !

Si nous venons à le blesser, que pourra-t-il ? Rien. Rien d'autre que se donner plus encore ; le don, le don, jusqu'au pardon. Si d'aventure nous venions à le rejeter, lui qui est la source de la vie, que pourra-t-il ? Puiser plus loin encore dans la source, jusqu'au "Père, pardonne-leur..." qui nous sauvera sur la croix.

"De la crèche au crucifiement, Dieu nous livre un profond mystère... De la crèche au crucifiement, Dieu nous aime inlassablement..."

Dans toute l'histoire humaine, seul le Christ, peut nous révéler qui est Dieu, comme l'exprime clairement la lettre aux Hébreux :

"A bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, à parler à nos pères par les prophètes, mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a crée les mondes" (He, 1, 1 - 2).

  • Avec NOEL, les cieux s'entrouvrent et laissent apparaître le visage de Dieu
  • avec NOEL tout homme qui cherche Dieu peut se mettre en marche et trouve une lumière pour éclairer son chemin,
  • avec NOEL, il est possible de dire quel est le nom de Dieu : Emmanuel, Dieu avec nous... ou encore Jésus, le Seigneur sauve.

NOEL nous rappelle notre dignité de baptisés : par l'humanité de Jésus, Fils de Dieu, né de la Vierge Marie, mort et ressuscité, il nous est donné de vivre avec Lui, pour Lui et en Lui. La vie chrétienne est un chemin d'union à Dieu rendu possible par l'Incarnation de Jésus. "Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce" (Jn 1, 16).

Voilà encore un grand motif de notre joie aujourd'hui : "Si Dieu naît dans notre monde, il veut naître aussi aujourd'hui dans nos cœurs et nous faire partager sa vie".

Alors, en ce jour de fête, nous pouvons demander à Jésus, lui qui est « la vraie lumière, rayon jailli du cœur très saint du Père » de savoir refléter autour de nous, tous les trésors qu’il nous offre et que notre monde cherche jusqu’à en à perdre le souffle :  respect, tendresse, miséricorde, pardon, joie et paix...

"Je suis heureuse, j'ai vu Jésus" disait Jeanne hier soir !

Avec un cœur d'enfant, prions pour que la Lumière de NOEL brille effectivement au cœur de cette messe et à la sortie, sur le parvis de nos vies, et tout au long de cette nouvelle année qui vient. AMEN.

P. Patrice Marivin


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