Le pape François vient de publier l'encyclique que le pape émérite Benoît XVI avait commencé de rédiger avant son retrait du ministère papal.

Cette encyclique, à laquelle il apporte sa contribution, forme avec les deux précédentes une trilogie qui a pour fondement :

  1. l'espérance qui sauve,
  2. l'amour dans charité
  3. et la  foi qui éclaire.

Lire ou télécharger cette encyclique

Présentation de l'exhortation apostolique « Evangelii gaudium » par le P. Jean-Baptiste Jégo

LE PAPE FRANCOIS invite l’Eglise à EVANGELISER AVEC JOIE !

C’est le dimanche 24 novembre, en la solennité du Christ Roi, que le pape François, concluant l’Année de la Foi, a offert des exemplaires de sa longue exhortation « sur l’annonce de l’Evangile dans le monde actuel » à 36 représentants du peuple de Dieu présents sur la place Saint-Pierre, à Rome :

  • un évêque de Lettonie,
  • un prêtre de Tanzanie
  • un diacre d’Australie récemment ordonnés,
  • une famille,
  • des religieux,
  • des catéchistes,
  • un séminariste,
  • des responsables de mouvements,
  • une peintre polonaise,
  • un sculpteur japonais (ayant travaillé à la Sagrada Familia de Barcelone),
  • deux journalistes.

Une manière de signifier l’universalité de l’Eglise appelée à toujours renouveler sa JOIE D’EVANGELISER, à cheminer sur nos routes humaines avec JESUS...

Et c’est le mardi suivant, le 26 novembre, que ce cet important et beau message a été rendu public.

« Sème dans notre foi LA JOIE DU RESSUSCITE ! »

C’est ainsi que priait le pape dans son encyclique « La lumière de la foi » (5 juillet 2013) (disponible sur le site de la paroisse).

Ce passage final de l’encyclique rejaillit dans « Evangelii gaudium » :

La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. Dans cette Exhortation je désire m’adresser aux fidèles chrétiens pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Eglise dans les prochaines années » (n° 1).

Dès les premières lignes de son exhortation – qui apparaît comme un programme d’action - le pape nous appelle tous à retrouver « le plaisir d’être un peuple capable de vivre et de témoigner de l’amour de Jésus qui nous sauve ».

L’évangélisation est la mission de tout le peuple de Dieu

Tous les baptisés sont directement concernés dans l’annonce et le témoignage de l’amour miséricordieux de Dieu qui va à la rencontre de chacun. Nous sommes tous invités, comme membres de l’Eglise peuple-de-Dieu, à mettre nos pas dans les pas du Christ. Aussi l’Eglise doit-elle « aller à la rencontre de ceux qui sont loin, aller jusqu’aux croisements des routes pour inviter les exclus. Son désir de proposer la MISERICORDE est inépuisable ».

« L’Evangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec ses souffrances et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps » (n° 24).

L’évangélisation n’est pas réservée à une « élite » ; chacun est appelé à témoigner de la miséricorde en fonction de sa vocation, de ses talents et de ses moyens.

Ce témoignage implique, de la part des chrétiens, « une véritable ouverture ».

Comment faut-il la comprendre ? Il faut, écrit le pape, reprenant la pensée de Paul VI (dans son encyclique « Ecclesiam suam », 1964) et de Jean-Paul II, « se maintenir ferme sur ses propres convictions les plus profondes, avec une identité claire et joyeuse », ce qui permet de rester « ouvert à celles de l’autre pour les comprendre en sachant bien que le dialogue peut être une source d’enrichissement pour chacun » (n° 32).

Le dialogue ainsi compris (et concernant particulièrement la science, l’œcuménisme et le rapport avec les religions non chrétiennes) est une première contribution à la paix.

Pour aller dans cette voie le pape préconise une « conversion pastorale », ce qui veut dire passer d’une vision bureaucratique, statique et administrative à une perspective missionnaire où la pastorale est elle-même en état permanent de remise en cause (n° 25).

Les routines découlant du principe que l’ « on a toujours fait ainsi » risquent de transformer les chrétiens en « momies de musée » alors que leurs énergies devraient constamment se renouveler à la lumière de l’Evangile.

Si des réformes doivent être envisagées, c’est pour favoriser « un réel engagement pour la mise en œuvre de l’Evangile en vue de la transformation de la société » (n° 26). Jamais les chrétiens ne devraient s’enfermer sur eux-mêmes, sur leurs soi-disant certitudes, au risque d’écarter et de décourager les humbles, et de devenir une « Eglise mondaine drapée dans le spirituel et le pastoral » (n°96). Il est nécessaire de résister à ces tentations et d’offrir le témoignage de la communion entre tous les baptisés fidèles-du-Christ. Aussi le pape préconise-t-il à la fois l’essor des vocations presbytérales, diaconales, religieuses et la promotion des laïcs dans les instances de décision et, en particulier, la reconnaissance et l’accroissement « des droits légitimes des femmes » (n° 99).

En outre, il semble qu’il souhaite mener à terme une réforme de la Curie dont on attend une orientation plus collégiale tout en donnant plus d’autonomie aux conférences épiscopales. Chacun est appelé à se montrer « audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style, sans interdictions ni peurs, dans un sage discernement pastoral » (voir le chapitre 1er, « La transformation missionnaire de l’Eglise », n° 19 à 49).

Ce chemin de conversion n’est pas facile, admet le pape. Il présuppose un « don de soi nécessaire ».

Tout compte fait, il vaut mieux « une Eglise accidentée, blessée et sale parce que sortie par les chemins plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités », mais c’est le chemin de la JOIE , affirme-t-il, en appelant à mettre le CHRIST au CENTRE de tout, à se laisser toucher par l’exemple de la Vierge Marie, en étant réceptif à l’action de l’Esprit Saint qui est en nous « la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection ».
« La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu ».
« Jésus veut des évangélisateurs qui annoncent la Bonne Nouvelle non seulement avec des paroles mais surtout avec leur vie transfigurée par la présence de Dieu » (n° 264).

C’est à quoi nous invitait déjà le pape Paul VI dans son Exhortation « Evangelii nuntiandi » (1975) pour l’évangélisation du monde moderne (n° 12).

De cette conviction se dégagent (au moins) deux indications conduisant à une action pastorale conférant à l’œuvre évangélisatrice une dimension sociale. « Si cette dimension n’est pas clairement prise en compte, on court le risque de défigurer le sens authentique et intégral de la mission d’évangélisation » (n°176).

La première indication pastorale d’ordre social est « l’intégration sociale des pauvres ».

L’Eglise, dit le pape, à travers la « nouvelle évangélisation » doit « collaborer pour résoudre les causes instrumentales de la pauvreté et pour promouvoir le développement intégral des pauvres » et d’abord en accomplissant « des gestes simples et quotidiens de solidarité face à la misère concrète qui est chaque jour devant nos yeux » (n° 188, 198, 200).

Si l’option première pour les pauvres doit être réalisée, il ne faut pas oublier qu’elle est d’abord « une attention spirituelle et religieuse » à ceux qui sont le plus dans le besoin et d’abord dans le vide spirituel. A ce sujet, remarquons que le pape explique que « les portes des sacrements ne devraient pas se fermer. Ainsi, l’Eucharistie n’est pas un prix destiné aux parfaits mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace » (n° 40).

Le pape demande avec force de prendre en considération la situation des migrants et fustige les nouvelles formes d’esclavage.

« Où est celui qui tue chaque jour dans la petite fabrique clandestine, dans le système de prostitution, les enfants utilisés pour mendier, et celui qui doit travailler caché parce qu’il n’est pas régularisé ? Ne nous leurrons pas, il y a de nombreuses complicités » (n° 210, 211).

D’autre part, avec insistance, il rappelle le devoir de défendre sans ambiguïté la vie humaine de son commencement à son achèvement, ainsi que la dignité de tout être vivant (dans la ligne de la constitution conciliaire « Gaudium et spes ») (n° 213).

La seconde indication importante est le triple « non » à l’économie de l’exclusion, à l’idolâtrie de l’argent qui gouverne au lieu de servir, aux disparités qui engendrent la violence, quand l’homme n’est plus au cœur de l’activité économique ».

Quelques citations empruntées aux chapitres 2 et 4 de l’Exhortation : « Dans la crise de l’engagement communautaire » (n° 52 à 75) et « La dimension sociale de l’évangélisation » (particulièrement n° 217 à 237 : « le bien commun et la paix sociale »).

  • « Nous devons dire non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale ».
  • « On ne peut plus tolérer que la nourriture soit jetée quand des personnes souffrent de la faim ».
  • « Nous avons mis en route la culture du déchet ». « Un telle économie tue ».
  • « Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort où le puissant mange le plus fort (…)
    On considère l’être humain comme un bien de consommation qu’on peut utiliser et ensuite jeter (…)
    Une des causes de cette situation est dans la relation que nous avons établie avec l’argent dont nous acceptons paisiblement la prédominance sur nous et sur nos sociétés.
    La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a, à son origine, une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain (…) L’adoration de l’antique veau d’or (Exode 32/1-35) a trouvé une impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage (…) Non à l’argent qui gouverne au lieu de servir ».

C’est avec beaucoup d’humilité et de réalisme que le pape François, bénéficiant des travaux du Synode « sur la nouvelle évangélisation » qui s’est déroulé du 7 au 28 octobre 2012 à Rome, a conçu cette exhortation « La joie de l’Evangile », « La joie d’évangéliser ».

Le sujet est si vaste, dit-il, qu’il faut continuer à l’approfondir avec attention. Et, ajoute-t-il, « je ne crois pas non plus qu’on doive attendre du magistère papal une parole définitive et complète sur toutes les questions qui concernent l’Eglise et le monde. Il n’est pas opportun que le pape remplace les épiscopats locaux dans le discernement de toutes les problématiques qui se présentent sur leurs territoires. En ce sens, je sens la nécessité de progresser dans une « décentralisation » salutaire ».

Parce que ce message, écrit dans une langue claire, sans rhétorique ni sous-entendu, est un message de paix, il infuse en nous la JOIE, purifiant notre regard pour que nous puissions découvrir en notre monde les signes de la présence de Dieu. Le pape François, avec énergie et simplicité à la fois, nous rappelle le mystère central de notre foi : « Ne nous éloignons pas de la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus, arrivera ce qui arrivera » (n° 3).

Alors, « Ne nous laissons pas voler la joie de l'évangélisation ! » (n° 83)

Jean-Baptiste JEGO,

de l’équipe pastorale de la paroisse cathédrale Saint-Pierre, Vannes

2 décembre 2013


Pour aller plus loin :

  • Vous trouverez le texte de cette Exhortation du pape François dans les librairies de la ville…
  • Vous trouvez également ce texte sur le site de la paroisse (ainsi que cette présentation au format PDF)…
  • En tapant sur Google, par exemple, « Evangelii gaudium », vous aurez une présentation plus complète de ce document par le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Salvatore Fisichella…
  • Sur la personnalité du pape François, vous pouvez consulter, entre autres ouvrages déjà nombreux, le dernier qui vient de paraître (novembre 2013), « Ainsi fait-il », de Caroline Pigozzi, grand reporter à Paris Match et spécialiste des religions sur Europe 1, et Henri Madelin, Jésuite, ancien maître de conférence à Sciences-Po Paris , à l’Institut d’études sociales (Catho, Paris), enseignant au Centre Sèvres (Paris), actuellement expert pour les questions européennes à Bruxelles et Strasbourg. (Plon, novembre 2013, 278 pages, 19,90 euros).

 

Par le père Jean-Baptiste JEGO

Cette lettre encyclique a ceci de particulier qu’elle est la dernière de Benoît XVI et la première de François : quatre mains, deux auteurs, une signature !

La foi peut se dire dans des styles propres, dans des perceptions et des cultures diverses…
Dans l’introduction, au n° 7, on lit, sous la plume de François :

 Ces considérations sur la foi (…) entendent s’ajouter à tout ce que Benoît XVI a écrit dans les encycliques sur la charité et sur l’espérance. Il avait déjà pratiquement achevé une première rédaction d’une lettre encyclique sur la foi. Je lui en suis profondément reconnaissant et, dans la fraternité du Christ, j’assume son précieux travail, ajoutant au texte quelques contributions ultérieures. Le successeur de Pierre, hier, aujourd’hui et demain, est en effet toujours appelé à confirmer les frères dans cet incommensurable trésor de la foi que Dieu donne comme lumière sur la route de chaque homme ».

Ce texte est publié au cœur de l’Année de la Foi qui a commencé le jour du 50ème anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II qui « a fait briller la foi à l’intérieur de l’existence humaine en parcourant les routes de l’homme d’aujourd’hui » (n° 6).

La foi est LUMIERE et c’est sous le signe de la lumière que se développe l’encyclique.

La foi naît de la rencontre avec le Dieu vivant qui nous appelle et nous révèle son amour, un amour sur lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides et construire notre vie (…)
La foi que nous recevons de Dieu comme un don surnaturel apparaît comme une lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps (…)
La foi est une lumière pour nos ténèbres » (n° 4), dans notre vie personnelle, dans notre vie familiale, dans notre vie sociale, une force de consolation dans la souffrance (n° 50 à 57). 
« Quand manque la lumière, tout devient confus ; il est impossible de distinguer le bien du mal, la route qui conduit à destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction » (n° 3).

LUMEN FIDEI comporte quatre chapitres :

  1. - Nous avons cru en l’amour (I Jean 4/16)
  2. – Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas (Isaïe 7/9)
  3. – Je vous transmets ce que j’ai reçu (I Corinthiens 15/3)
  4. – Dieu prépare pour eux une cité (Hébreux 11/16).

1 - NOUS AVONS CRU EN L’AMOUR (n° 8 à 22)

Ce premier chapitre rappelle les fondements de la foi chrétienne, de Dieu Père au Christ médiateur et sauveur, mort et ressuscité pour les hommes : « l’amour divin possède les traits du père qui soutient son fils au long du chemin (Deutéronome 1/31) » (n° 12) et « à la lumière de sa Résurrection, la mort du Christ dévoile la fiabilité totale de l’amour de Dieu (…) Dans la foi, le Christ n’est pas seulement celui en qui nous croyons – la manifestation la plus grande de l’amour de Dieu – mais aussi celui auquel nous nous unissons pour pouvoir croire (…) Nous croyons à Jésus quand nous acceptons sa parole, son témoignage, parce qu’il est véridique  (Jean 6/30). Nous croyons en Jésus quand nous l’accueillons personnellement dans notre vie et nous nous en remettons en lui, adhérant à lui dans l’amour et le suivant au long du chemin (Jean 2/11 ; 6/47 ; 12/44) » (n° 17 et 18).

 La foi naît donc de la rencontre amoureuse avec Dieu vivant, fidèle et miséricordieux. « Croire signifie s’en remettre à un amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne, soutient et oriente l’existence (…) La foi consiste dans la disponibilité à se laisser transformer toujours de nouveau par l’appel de Dieu » (n°13).

2 - SI VOUS NE CROYEZ PAS, VOUS NE COMPRENDREZ PAS (n° 23 à 36)

Les relations entre foi et vérité ainsi qu’entre foi et raison sont longuement exposées dans le deuxième chapitre. Aujourd’hui, en ce temps du relativisme beaucoup pensent qu’il n’y a plus de vérité qui s’impose à tous. « Justement à cause de la crise de la vérité dans laquelle nous vivons, il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de rappeler la connexion de la foi avec la vérité » (n° 25).

Vérité et amour s’unissent pour nous faire accéder à la connaissance « qui éclaire le chemin dans l’histoire » (n° 28). En effet, « si l’amour a besoin de la vérité, la vérité, elle aussi, a besoin de l’amour. Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. Sans amour la vérité se refroidit, devient impersonnelle et opprime la vie concrète de la personne. La vérité que nous cherchons, celle qui donne sens à nos pas, nous illumine quand nous somme touchés par l’amour. Celui qui aime comprend que l’amour est une expérience de vérité, qu’il ouvre lui-même nos yeux pour voir toute la réalité de manière nouvelle, en union avec la personne aimée » (n° 27).

La vérité ne s’impose jamais avec violence. La vérité n’écrase pas la personne. La vérité rend humble et invite au dialogue. Le dialogue entre foi et raison a commencé par « la rencontre du message évangélique avec la pensée philosophique du monde antique ; elle fut un passage déterminant pour que l’Evangile arrive à tous les peuples. Elle favorisa une interaction féconde entre foi et raison, interaction qui s’est toujours développée au cours des siècles jusqu’à nos jours (voir l’encyclique de Jean-Paul II, « Fides et ratio », qui montre comment foi et raison se renforcent réciproquement) » (n° 32).

Le dialogue avec le monde est donc vivement encouragé, dans la ligne du concile Vatican II, dialogue œcuménique ainsi que dialogue avec les croyants d’autres religions et avec les incroyants eux-mêmes.

3 - JE VOUS TRANSMETS CE QUE J’AI RECU (n° 37 à 49)

 Ce troisième chapitre est consacré à l’évangélisation : la foi doit être transmise. « La foi se transmet, pour ainsi dire, par contact, de personne à personne, comme une flamme s’allume à une autre flamme (…) La transmission de la foi, qui brille pour tous les hommes et en tout lieu, traverse aussi l’axe du temps, de génération en génération (…) C’est à travers une chaîne ininterrompue de témoignages que le visage de Jésus parvient jusqu’à nous » (n° 37 et 38). La foi n’est pas abstraction. La foi est relation.

En insistant sur la nécessité de l’évangélisation par la transmission de la foi l’encyclique s’appuie sur les premières prédications et pratiques chrétiennes. Les premières lignes du chapitre rappellent que « celui qui s’est ouvert à l’amour de Dieu, qui a écouté sa voix et reçu sa lumière, ne peut garder ce don pour lui. Puisque la foi est écoute et vision, elle se transmet aussi comme parole et lumière. S’adressant aux Corinthiens, l’apôtre Paul utilise justement ces deux images. D’une part : « Possédant ce même esprit de foi selon ce qui est écrit : J’ai cru et c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi nous croyons et c’est pourquoi nous parlons (II Co 4/13 »). D’autre part : « Nous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image (II Co 3/18) » (n° 37).

La foi est relation : avec Dieu vivant ainsi qu’avec nos frères. « Il est impossible de croire seul. La foi n’est pas seulement une option individuelle que le croyant prendrait dans son intériorité, elle advient toujours dans la communion de l’Eglise. La forme dialoguée du Credo, utilisée dans la liturgie baptismale, nous le rappelle. Il est possible de répondre à la première personne, « je crois », seulement dans la mesure où l’on appartient à une large communion, seulement parce que l’on dit aussi « nous croyons » (n°39).

Cette réflexion se traduit par un long développement sur le rôle et l’importance des sacrements (n° 40 à 45).
Avant tout, la foi s’appuie sur le Baptême qui transforme fondamentalement celui qui le reçoit en le faisant fils de Dieu et participant de la nature divine (n°41 à 43).
D’autre part, « la nature sacramentelle de la foi trouve sa plus grand expression dans l’Eucharistie qui est rencontre avec le Christ réellement présent dans l’acte suprême de son amour, le don de lui-même qui produit la vie » (n° 44).

Les sacrements transmettent la mémoire de l’Eglise ; de même la confession de foi (n° 45), la prière, surtout le Notre Père, et le Décalogue qui balise la route à parcourir. « La catéchèse de l’Eglise s’est structurée autour de ces éléments, y compris le Catéchisme de l’Eglise catholique, instrument fondamental par lequel, de manière unifiée, l’Eglise communique le contenu complet de la foi, « tout ce qu’elle est, tout ce qu’elle croit » (Vatican II, « Dei Verbum », n° 8) » (n° 46).

4 - DIEU PREPARE POUR EUX UNE CITE (n° 50 à 60)

 La quatrième et dernière partie – de caractère social – montre que les chrétiens sont appelés par la foi à s’ouvrir largement au monde. « En raison de son lien avec l’amour (voir Galates 5/6), la lumière de la foi se met au service concret de la justice, du droit et de la paix (…) La lumière de la foi est capable de valoriser la richesse des relations humaines, leur capacité à perdurer, à être fiables et à enrichir la vie commune. » (n° 51).

Différents domaines sont alors abordés :

  • le bien commun (n° 51),
  • la famille (n° 52, 53),
  • la fraternité universelle entre les hommes (n°54),
  • la dignité unique de chaque personne (n° 54),
  • le respect de la nature (n° 55),
  • la foi comme force de consolation dans la souffrance (n° 56)…

Les trois derniers paragraphes (n° 58, 59, 60) évoquent la foi de la Vierge Marie qui « a accompli le pèlerinage de la foi en suivant son Fils ».

L’encyclique se termine par une très belle prière adressée à Celle qui a cru : 

 O Mère, aide notre foi ! Ouvre notre écoute à la Parole pour que nous reconnaissions la voix de dieu et son appel (…) Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton fils, notre Seigneur ! »

LUMEN FIDEI est un signe important de la continuité doctrinale, spirituelle, pastorale des deux papes, l’émérite et l’actuel, malgré des différences notables de style entre les deux personnalités.

En signant ce texte sur la foi, François, au service de l’unité et de l’harmonie, assume la conclusion du cycle initié par Benoît XVI sur les trois vertus théologales, après la charité (« Deus caritas est », 2006 et « Caritas in veritate », 2009) et l’espérance (« Spe salvi », 2007).

On annonce déjà la parution de la première encyclique personnelle du pape François sous le titre « Beati pauperes » - « Heureux les pauvres ».

Encyclique  du Pape François
La lumière de la foi, Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 29 juin 2013
Préface de Mgr. Carré, archevêque de Montpellier, vice-président de la Conférence des Evêques de France  90 pages, 4 €

Jean-Baptiste JEGO,
de l’équipe pastorale de la paroisse cathédrale Saint-Pierre, Vannes
12 juillet 2013

Une Encyclique de sagesse

Le pape François vient de nous faire le cadeau d’une très belle encyclique : simple, concrète, facile à lire, et empreinte d’une profonde sagesse puisée notamment dans les Ecritures. 

Adressée à l’ensemble de la « famille humaine », c’est-à-dire à tous les hommes de bonne volonté, elle est une invitation pressante à « sauver la maison commune ». Mais le pape la destine aussi - et avec insistance-, aux chrétiens, en raison de la dimension théologique et eschatologique dont est revêtue la Création toute entière.

Faire acte de vérité

Loin de contredire l’enseignement de ses prédécesseurs, le pape souhaite que l’écologie intégrale qui fait l’objet de sa réflexion, devienne, non plus un appendice optionnel, mais le socle de la Doctrine sociale de l’Eglise. Car, après s’être entouré d’innombrables scientifiques, philosophes, théologiens et organisations sociales, le pape est, plus que jamais, convaincu que les dangers qui menacent la planète sont bien réels.

Un constat très sévère qui exige une prise de conscience

Le pape ne mâche pas ses mots. En parlant de la terre sur laquelle il pose un regard lucide, il utilise le mot dépotoir. « La terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir. [$ 21]

« L’environnement humain et l’environnement naturel se dégradent ensemble, et nous ne pourrons pas affronter adéquatement la dégradation de l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux causes qui sont en rapport avec la dégradation humaine et sociale. De fait, la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète. » [$ 48]

Cela nous impose de prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour éviter que les désordres que l’on constate aujourd’hui ne s’aggravent car :

  • les pollutions de la terre, de l’air et de l’eau se répercutent sur toute la chaîne du vivant.
  • le réchauffement climatique entraînera un exode massif de populations condamnées à fuir des zones inondées en quête d’un autre habitat.

Les changements de comportements auxquels le pape invite concernent en premier lieu les responsables des gouvernements afin qu’ils procèdent au le remplacement progressif, mais sans retard, des énergies fossiles (charbon, pétrole) par des énergies renouvelables.

Mais le pape nous invite aussi à réfléchir ! Il nous demande de trouver le courage :

  • de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini » [§56],
  • de reconnaître, « les causes humaines qui provoquent ou accentuent le réchauffement climatique,» essentiellement dans les pays riches. [§23] ;
  • de reconnaître que nous sommes confrontés à « un système de relations commerciales et de propriété structurellement pervers » [§52] où règne « la soumission de la politique à la technologie et aux finances » [§54] ;
  • de reconnaître aussi notre responsabilité individuelle, puisque ce « drame de l’immédiateté politique est soutenu par des populations consuméristes » [§178] ;
  • de reconnaître également, notre « dette écologique, à l’égard des pays du Sud, liée à des déséquilibres commerciaux » [§51], dette qui implique « des responsabilités diversifiées » [§52].
  • de reconnaître que nous sommes profondément individualistes et égoïstes » [§162] alors que… « Tout est lié ! »

« Tout est lié … relié, interconnecté »

Ces expressions répétées dans toute l’encyclique fondent la réflexion du pape. En effet, pour lui, il n’y a pas d’écologie partielle : c’est-à-dire une écologie du climat, des plantes, des animaux, et, qu’il n’y a, encore moins, une écologie profonde qui voudrait qu’on revienne au culte de la terre en lui subordonnant tout !

Non, l’écologie ne peut être que globale parce que tout est lié : la nature, nos vies, notre civilisation, nos modes d’agir, nos pensées.

Cela veut dire que toutes les décisions qui sont prises dans un domaine donné, entraînent des réactions en chaîne.

On le voit bien, dans le domaine économique, lorsque les profits boursiers sont en hausse, la courbe du chômage augmente. Pareillement, lorsque les prix des matières premières flambent, les prix des denrées alimentaires s’envolent !

Dans le secteur social, les conséquences d’un mauvais aménagement du territoire, d’une précarité accrue des familles, d’un chômage massif, se voient immédiatement sur le terrain à travers les violences qui sont déclenchées par un sentiment d’abandon ou d’injustice.

Dans le domaine scientifique, les progrès les plus extraordinaires, les prouesses techniques les plus étonnantes, peuvent déboucher sur une idéologie perverse si l’aspect financier n’en est que le seul objectif.

Un questionnement collectif urgent [$ 160]

Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent et aux enfants qui grandissent ?

  • pour quoi passons-nous en ce monde ?
  • pour quoi venons-nous à cette vie ?
  • pour quoi travaillons-nous et luttons-nous ?
  • pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ?

« Aujourd’hui, tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue », dit le pape [$ 56]. En outre, la soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l'échec des sommets mondiaux sur l'environnement. [$ 54]

C’est pourquoi, il ne suffit plus de dire que nous devons nous préoccuper des générations futures. Nous sommes, nous-mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l’humanité qui nous succédera. [$ 160]

Que faut-il faire ?

Décroissance ? (comment la comprendre)

« L’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, pour permettre une saine croissance en d’autres parties » [$ 193]

Cela impose de poser des actes concrets :

  • Refuser tout gaspillage [ $ 9]
  • Refuser d’être des consommateurs compulsifs. [ $ 203]
  • Eduquer en repensant les itinéraires pédagogiques pour mettre en place une éthique écologique qui fasse grandir dans la solidarité, dans la responsabilité et dans la protection fondée sur la compassion. [ $ 210]
  • Se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail pour tous [ $ 127]
  • Refuser le relativisme qui prétend que tout ce qui ne sert pas aux intérêts personnels immédiats est privé d’importance. [ $ 54]
  • Refuser la même logique relativiste qui justifie l’achat ou la location d’organes des pauvres dans le but d’en tirer profit ou de les vendre à des fins d’expérimentation. [ $ 123]
  • Refuser le culte du pouvoir humain sans limites. [$ 122]
  • Refuser la logique intérieure de celui qui dit : ‛Laissons les forces invisibles du Marché réguler l’économie, parce que ses impacts sur la société et sur la nature sont des dommages inévitables’.[$ 123]
  • Faire pression sur les hommes politiques afin de les contraindre à prendre les mesures indispensables pour le « bien commun ». [$ 157]

Sobriété heureuse dans l’humilité

La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité d’être heureux en partant de la conviction que « moins est plus ».

Il faut se persuader qu’on peut trouver du bonheur dans la gratuité du don de soi, dans les rencontres fraternelles, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. [ $ 223]

Paix et joie avec Dieu

Parce qu’aucune personne ne peut mûrir dans une sobriété heureuse, sans être en paix avec elle-même, il convient de retrouver Celui qui est Source de paix et de joie. Cela impose donc de ne pas exclure Dieu de sa vie. [ $ 225]

En effet, une écologie intégrale demande de consacrer un peu de temps à retrouver l’harmonie sereine avec la Création comme Saint François d’Assise dont la sagesse éblouissante nous parvient encore aujourd’hui :

« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »

Le Père Jean-baptiste JEGO a donné une conférence sur cette encyclique, à la Maison du Diocèse.

Elles est téléchargeable au format PDF (10 pages).

L'exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia, qui est sortie le 8 avril 2016 a fait l'objet d'une conférence de presse au Vatican.

Les réactions des uns et des autres ont suscité des commentaires parfois mitigés, (tant l'attente médiatique était démesurée et disproportionnée) et parfois des commentaires admiratifs suscitant même joie et gratitude ! C'est le cas du cardinal Schönborn.

Nous vous invitons à lire son commentaire, qui traduit la magnifique lecture qu'il fait de ce document, et qui encourage tous les chrétiens et les communautés paroissiales, à  s'approprier, à leur tour, cette exhortation  avec joie et humilité. 

Déclaration du Cardinal Schönborn  (faite au Vatican le 8 avril)

AMORIS LAETITIA : texte intégral de l'exhortation apostolique

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