Seigneur, apprends-moi à me reposer.
Te prier, Seigneur ?

Non !
Je voudrai seulement dormir sous ton regard,
Cela vaudrait mieux ce soir.

N’avoir seulement à ne plus penser, ne plus bouger
Au moins ainsi, je me rendrai à toi,
Je ne tenterai plus de remuer entre tes mains,
De remuer sans parler comme un enfant bercé.

Les soucis sont trop lourds ce soir,
Pour que je les porte encore.

Il est trop tard, il faut dormir ;
Il y aurait encore des lettres à faire ;
Non ! Demain ! Fini !

Apprends-moi à me reposer ;
Apprends-moi à laisser les choses en suspens,
A ne pas vouloir régler toutes les affaires avant de dormir,
Comme si je pouvais tout régler.

Apprends-moi à accepter d’être fatigué,
Sans dépit, sans rancœur,
Sans pester contre ce tempérament absurde qui m’oblige à dormir.

Apprends moi à refermer mes dossiers
Sans me dire que j’aurai dû naitre bourreau de travail,
Ou surhomme, ou je ne sais quoi de mieux encore.

Apprends-moi à finir une journée, .
Autrement je ne saurai pas mourir…
Car il restera encore du travail après moi !
Apprends-moi à accepter…
De n’être pas Toi.

Tiré de « Mes plus belles prières »
du P. Guy Gilbert.